‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 109 sur 149 · Quelques mots illisibles · texte numérisé non relu

Quelques mots illisibles

2. Le comte de Tocqueville et le frère aîné de Chateaubriand avaient tous deux épousé une demoiselle de Rosambo.

facilement acquis contribuât à honorer la mémoire de notre chère Lucile.

D'ailleurs Lucile n'était point domiciliée à Paris, ce serait à Boulogne qu'il faudrait mettre les scellés et où et sur quoi. N'est-ce pas M**'' de Ghateaubourg qui a tort?

Pour moi, tu peux le lui mander, je déclare que comme héritier, je me refuse à prendre la succession sous bénéfice d'inventaire. Je ne veux pas faire cet affront à la mémoire de ma chère Lucile, j'accepte tout ce qui m'en reviendrait, purement et simplement, voulant courir tous les risques de dettes, s'il s'en trouvait. D'après la lettre de M. de Tocqueville, il parait décidé à faire tout honorablement. Toi même tu es dans cette intention, nous voilà donc trois. Eh bien si les autres ne veulent pas payer, toi, M. de Tocqueville et moi nous trouverons bien le moyen d'acquitter 8 ou 9 cents livres que la mort de cette chère sœur nous laisse à payer.

Je t'embrasse mille fois tendrement. Que je désire de t'embrasser et de mêler mes larmes aux tiennes.

J'écris à M. de Tocqueville et à M. de Rosambo, mais je ne sais trop où ils sont.

à M^^ de Marigny .

Boulevard Bonne Nouvelle à Paris. *

i36^ [28 novembre 1804]

Mercredi 7 Frimaire.

Suivons si tu m'en crois, ma chère enfant, ce qui est plus simple et plus honorable sans nous embarrasser de vaines frayeurs. De quoi s'agit-il ? d'une somme de 10.000 que M''® de Gaud a cautionnée pour moi. Ne dit-elle pas qu'elle a entre les mains une lettre

i. Archives de Combourg.

Correspondance de Chateaubriand. T. III. 21

de moi et une autre de Céleste par lesquelles moi et Céleste reconnaissons devoir cette somme en déchargeant en tout et en partie M*^® de Caud? Il faut donc supposer 1" qu'en cas que M. de[Morrand] ^ demande cette somme je refuserai de la payer ; 2° que je nierai ma signature remise entre les mains de la pauvre Lucile ; 3^* que ma femme niera aussi son billet. Regarde que de suppositions absurdes. Quoi ? pour quelques chemises que Lucile avait à Paris, nous irions mettre la justice là dedans, faire mettre des scellés sur trois guenilles et avoir beaucoup de frais que M^® de Chateaubourg elle même comme héritière se dit obligée de payer avec moi ! Va donc tête levée, fais toi apporter tout ce qui appartient a cette pauvre et toujours chère Lucile, garde moi les papiers, le portrait et tous les livres qui sont à moi. Le reste, tu sais si cela en vaut la peine ; tu connais mieux que personne l'état de la garde robe de cette pauvre infortunée. Je serai à

Paris le Dimanche prochain il frimaire, dans 15 jours[ ] ^ nous

te donnerons une partie de ce que tu auras déboursé. Si les autres héritiers refusent de faire honneur à la mémoire de Lucile, n'aie aucune peur de M. [deMorrand] : jamais je ne nierai une dette, ni ne refuserai de la payer. Si je venais à mourir, on trouverait dans mes fonds de librairie plus qu'il ne serait nécessaire pour acquitter le peu que je dois.

Chère amie, je suis désolée de n'avoir pas partagé ces tristes devoirs avec toi. Sois sans inquiétude. Retire le plutôt que tu pourras chez toi tout ce qui appartient à notre sœur, ne fourre point la justice là dedans et sois sûre que tu n'en as pas la moindre chose à craindre. Ecris moi un mot pour me tranquilliser sur tes inquiétudes et que tuas pris ton parti. Mille et mille tendresses.

Tout à toi

à Madame de Marigny Rue 'Sainte Barbe HO Boulevard Bonne-Nouvelle

Paris. 3

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