Archives de Combourg
iS4^ 13 novembre 1804.
A la comtesse de Marigny.
Villeneuve sur Yonne.
13 novembre 1804.
Je gémis comme toi, chère amie, et d'autant plus que je n'ai pas eu comme toi le triste plaisir de rendre les derniers devoirs de l'amitié à notre malheureuse sœur ; tout pénibles qu'ils sont, ils consolent ; pour moi, je ne me consolerai de ma vie. Reçois tous mes
remerciements, toutes mes tendresses, [ ] ^ que je voudrais
au prix de mon sang- avoir partagées. Voilà un dernier service que je te demande : Lucile avait une foule de papiers inutiles qu'elle écrivait le matin et qu'elle ne brûlait pas toujours le soir. Elle avait de plus un portrait de notre sœur Farcy, voudrais-tu me donner tout cela et le portrait de notre chère Lucile, s'il se trouve, à moins que tu ne le voulusses pour toi même ; mon vieux S* Germain ira chez toi prendre l'adresse du médecin où Lucile est morte, il se fera conduire au cimetière et montrer la fosse afin qu'on la recouvre et que je fasse mettre une pierre dessus en arrivant à Paris. Ma femme est très malade, et cela pourra achever de la mettre au lit. Je ne sais donc quand je pourrai me rendre à Paris ; si rien ne me contrarie, ce sera à peu près dans trois semaines ou un mois. Pourrais-tu m/envoyer les papiers et le portrait ? Gela me serait une grande consolation. S* Germain me ferait passer le paquet.
Voilà l'autorisation que tu demandes. Tu sais bien que tu n'éprouveras jamais de contradiction de ma part sur un tel sujet. Je connais assez M. de Tocqueville -, pour t'assurer d'avance qu'il fera tout ce que l'honneur et Tamitié entre nous exigent. Mais il serait juste que M^^ de Ghateaubourg qui va jouir d'un bien si