‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 116 sur 149 · Archives de Combourg · texte numérisé non relu

Archives de Combourg

veniez à présent, ce ne serait que pour quelques jours, et cela ne gàterait-il pas votre voyage de l'hiver prochain ! Cela n'indisposeroit-il pas M'^® de N..., votre belle mère, les N. . . et tout le reste des criailleurs? Ne vaut-il pas mieux arriver sans obstacle l'année prochaine, être aussi longtemps que vous le voudrez à Paris sans qu on ait le droit de le trouver mauvais, sans être troublée par les mines et les propos de ces gens là ? S'il s'agissait d'un long séjour à présent, il faudrait se moquer des sots et faire ce que l'on voudrait faire, mais nous serions tous les deux obligés d'armer nos ennemis, moi en restant contre tout sens commun, vous en venant, malgré toute l'envieuse sagesse, pour nous voir à peine quelques heures dans le cours d'un mois bientôt écoulé. Voyez, chère sœur. Je prêche contre moi, contre le présent pour m'assurer d'un long avenir.

Très certainement je serai à la Vallée le 25 si vous ne venez pas et nous sommes aujourd'hui au 6. Dans le peu de jours qui me reste à passer ici j'espérais un petit voyage à Verneuil chez M. de Tocqueville, de sorte que vous pouvez déjà me regarder comme dehors de Paris. Je vais retrouver ma solitude avec délices. Je n'aime plus qu'elle et ma sœur.

Vous m'avez encore mal compris. Je n'ai jamais pensé à aller vous voir à présent. Je ne le pourrais pas. Mais je vous ai dit qu'il serait possible que je vous fisse une visite cet été, soit en allant à Lonné, soit en allant en Bretagne avec M^® de Ch.... Bonjour, chère et aimable sœur ! Mandez moi sur le champ votre détermination.

Jeudi 6. '

1. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

/Pf^ 23 octobre 1811.

A la comtesse de Marigny.

Vraiment, chère enfant, Louis est marié. J'ai été à la noce, j'en arrive et j'y retournerai sous peu de jours pour un mois. Je ne serai de retour à la Vallée que vers la fin du mois de novembre Tu vois que cela n'était pas un prétexte.

Je suis hors d'affaire pour l'instant. J'ai refusé net de faire un second discours ; et il paraît qu'il ne m'arrivera aucun mal. Les nouveaux candidats nommés depuis moi prononcent leur discours le 9 du mois prochain, ainsi mon rang sera passé, on ne pourra plus revenir sur mon affaire. Je ne sais s'ils m'effaceront de la liste, mais ce qu'il y a de certain, c'est que je n'aurai pas de droit aux séances et qu'ainsi par le fait je ne serai pas de rinst. ce qui m'enchante et ravit tout le monde.

Voilà au juste l'état des choses.

J'aurais bien voulu aller t'embrasser, mais je ne suis à Paris que pour un moment, accablé d'affaires. Je ne puis monter jusque chez toi. Quant à ton Monsieur, j'ai une idée vague de son nom,

mais ce n'est pas mon ami ni ma c'est je crois un méchant

poëte qui est venu quelquefois m'ennuyer de ses vers il y a 7 ou 8 ans. As-tu fini avec Caroline?^ Elle m'envoie les 1500 1. demain ou après demain, cela me fera un bien extrême.

Tu vois que je ne suis pas plus riche qu'un rat.

Je t'embrasse mille fois.

Paris, mercredi 23.'^

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