Archives de Combourg
2. Copie de M™^ de Marigny, avec en tête cette note : « Copie de la lettre de M. de Ch. à M. Girodet peintre, le 26 7^« 1812. »
WS"^ Jeudi 12 [novembre 1812].
A la duchesse de Duras.
Quand ma lettre d'avant hier vous sera parvenue vous aurez été bien honteuse de celle que vous m'avez écrite et que j'ai reçue ce matin. Ce qu'il y a de sûr, chère sœur, c'est que je ne comprends rien, rien du tout à votre querelle ; que si j'ai perdu votre confiance je ne sais pourquoi, absolument pourquoi, et si je revoyais la lettre qui vous a fâchée, je tomberais de mon haut de votre folie. Mon ignorance à ce sujet prouve ma candeur, et l'idée de vous faire de la peine m'est si étrangère qu'il me semble que je rêve quand vous me le dites.
Je vous ai expliqué au long dans ma lettre d'avant hier le voyage de Ch., je n'y ai point vu de fêtes, tout était fini. J'y ai entendu M. de C... hurler et M^*' de C... soupirer ; apparemment que vous confondez mon autre petit voyage à Verneuil chez M**® de Tocque ville à la fête de laquelle je me suis évertué pour mes bons neveux.
Avez- vous bien compris que les actions pour votre arrangement ne sont que de oOO* ' ? d'où il résulterait que si vous y mettez 1000* - comme Adrien me l'avait dit, vous avez deux actions, cet arrangement est très bien fait, car dans l'espace de dix années je me trouverais avoir reçu passablement et les actionnaires seraient remboursés.
On a pensé qu'il valait mieux que les actionnaires n'eussent pas de contrat commun à cause des frayeurs et des pusillanimités, chacun sera plus en sûreté en ne connaissant pas son voisin.
J'ai besoin que vous m'écriviez une bonne lettre pour me consoler des dernières.
Jeudi 12. 3