Archives de Combourg
2. D'îiprès Voriginal autographe. — Archives du château de Maucreux.
parte ; mais si nous ne prenons pas des mesures convenables, il se présentera à sa mort des diflicultés nouvelles et peut-être de dangereux héritiers. Pounjuoi laisser s'éloigner tout ce qui porte un nom, tout ce qui peut jeter quelque éclat sur notre fuite ? Pourquoi M. le duc de Richelieu s'en va-t-il ? Pour({Uoi l'évêque de Nancy, le général Maison, le prince de Wagram se dispersentils, comme si tout était perdu sans ressources et que le Roi donnât son congé au reste de ses serviteurs? Formons un gouvernement qui agisse avec concert et vigueur. ^
'237'^ 12 mai 1815.
A M. deBlacas.
12 mai 1815.
Je suis désolé. Monsieur le comte, de vous importuner encore au sujet du Rapport au lioi. Toutes les lettres de l'intérieur prouvent que, dans quelques jours, il serait extrêmement utile ; mais, dans quelques semaines, la marche rapide des événements lui otera tout intérêt. Veuillez donc supplier le Roi de vouloir bien m'indiquer les corrections. Je ne suis nullement pressé de donner quelques pages de plus au public, mais je connais, par une longue expérience, l'influence qui s'exerce sur l'opinion, et je suis sûr, sans être aveuglé par mon amour-propre, qu'un rapport signé de mon nom ne laissera pas les Français indifférents. '-*
1. L'original se trouve dans les papiers politiques du comte de Blacas. — Lettre publiée incomplètement par Nettement Histoire de la Restauration^ II, 366, d'après qui nous la donnons ici.
2. Papiers politiques du comte de Blacas. — Nettement, II, 372.
<247^ [Fin novembre 1815.]
Au duc de Richelieu.
Monsieur le duc,
La signature du traité de paix va, sans doute, rétablir nos relations avec les différentes Cours de l'Europe. Ne voulant pas être un obstacle à vos projets diplomatiques, ni empêcher quelque autre serviteur fidèle du roi d'occuper une place que je ne remplis pas, j'ai l'honneur de vous envoyer, par cette lettre, ma démission de ministre plénipotentiaire de France à la Cour de Suède. Je vous prie de la faire agréer à Sa Majesté.
Ma nomination à cette place, Monsieur le duc, est du 8 juillet de l'année dernière : je n'ai encore touché que six mois de mon traitement. Il m'est donc dû dix mois et quatorze jours.
Gomme je n'avais pas d'autres moyens d'existence avant d'avoir été nommé ministre d'Etat, comme les appointements de ministre d'Etat sont même suspendus jusqu'à l'époque où ils doivent être considérablement réduits, j'ai été forcé d'emprunter pour vivre le traitement de ministre plénipotentiaire, dont les circonstances ont retardé le paiement. Je vous prie de vouloir bien donner des ordres pour que cet arriéré me soit compté, si toutefois il y a des fonds aux Affaires étrangères.
Permettez-moi encore. Monsieur le duc, de vous parler de M. de Rumigny, mon secrétaire de légation à Stockholm : sa fidélité, sa prudence, la capacité pour les affaires qu'il a déployée dans les derniers temps, méritent que vous le recommandiez à la justice du roi, comme je prends la liberté de le recommander à votre bienveillance.
Je suis, etc.
Chateaubriand. *
1. Affaires étrangères, Suède, 299, fol. 470. — Léonce Pingaud Une démission de Chateaubriand {Nouv. rev. rét., XVIII, 359).
n?^ [Janvier 1816.]
A la comtesse de Marigny.
La lettre d'Hameliu m'a fait rire ; voilà comme on sait les choses en province. Je n'ai point été te voir parce que je n'ai pas un sou. Je suis toujours réclamant les 33 mille francs que le G[ouvernemen]t me doit. Je finirai par accrocher quelcpie chose. Le Roi m*a donné pour étrennes une pension de Pair de 15.000. Si, comme ministre d'Etat j'ai 20.000 je n'aurai rien à dire. Chez Vaublancjepeux tout ; chez Feltre quelque chose, chez Gaze et Barbier, rien. Blossac sera placé, mais c'est un petit sot, qui s'est scandalisé que je ne m'intéresse à G. . . notre propre neveu autant qu'à lui M. Loquet. Quand j'aurai les mains pleines j'irai t'embrasser et te souhaiter bon an.
Ce mercredi. *
^M/' 12 janvier [1816].
Au chevalier Pelletan. - M. de Chateaubriand remercie bien Monsieur le chevalier Pel-