‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 19 sur 149 · Madame de Duras · texte numérisé non relu

Madame de Duras

Je suis accablé de travail. Nos affaires vont merveilleusement ici; si elles allaient aussi bien en France, vos amis les libéraux ne seraient pas si hargneux, (juoi (|u'il en soit, ma prédiction s'accomplira, et ils seront battus par le pauvre petit ministère rovaliste qui n'a l'air de rien du tout. Cependant ce ministère ■a fait bien des sottises depuis mon départ, et les royalistes ont raison de se plaindre. J'ai écrit pour tout raccommoder. Les correspondances privées qu'on imprime dans les journaux anglais me font aussi sans cesse rappeler en France pour être premier ministre. Je ne sais ce qui peut donner naissance à ces sots bruits.

Je vous quitte; je tombe de fatigue. J'ai écrit une longue dépêche de la plus haute importance.

Que ne suis-je dans la petite cellule ! ^

S93 7 mai [1822].

A la duchesse de Duras.

7 mai.

Vous épuiseriez la patience des saints. Je vous ai écrit tous les derniers courriers les lettres les plus longues et les plus détaillées, j'espère que je ne vous ai pas montré d'indifférence sifr la misérable affaire qui nous a trop occupés, et à tout cela vous me répondez des lettres pleines d'injures et de folies. Si le courrier de demain ne m'apporte pas une bonne lettre d'excuses ']e ne vous écrirai plus, j'aurais cependant bien des choses à vous dire. J'étais en train de vous conter des histoires lorsque votre malheureuse nouvelle est venue d'abord me désoler, et ensuite vos injustices ont achevé d'enlever toute envie d'écrire. Ainsi vous perdez le récit de mon grand dîner à l'Académie de peinture où j'étais placé entre le Duc de Wellington et Lord Liverpool, vous

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