‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 2 sur 149 · Herriot, II · texte numérisé non relu

Herriot, II

Correspondance de Chateaubriand . T. III. 1

^40 [!'' avril 1822.]

A Madame de Custine.

Enfin c'est fini : On est très bien pour votre Monsieur. Je pars demain.

Nous nous reverrons à Fervacques.

Mille choses aux amis. ^

sa [i'' avril 1822.]

A la duchesse de Duras.

Que voulez-vous que j'y fasse? Votre portier est témoin que le Ministre des Affaires étrangères était chez moi. Il ne faut pas avoir d'amis ambassadeurs, dans les temps d'événemens, lorsqu'on ne veut pas qu'ils se mêlent d'affaires. Après dîner, je ne puis aller chez vous qu'à 8 heures et pour un moment. Je pars cette nuit.

Madame de Duras. -

A Villèle.

Mardi matin, 2 avril, 8 heures.

Moucher ami, je pars à l'instant. Voilà la pétition de Bégr... N'oubliez pas Bertin, Delalot, Gastelbajac, Vitrolles, Donnadieu, Agier, Ganuel.Il est d'autant plus nécessaire d'en finir avec eux que la guerre d'Orient, si elle a lieu, va enfler vos révolutionnaires et agir sur les élections. Je vous embrasse. Pensez à moi et à mon Congrès. Je vous écrirai. Tout à vous. '^

\. Hardoux Madame de Custine^ 34G. — Robethon op. cit., 203.

2. D'après roriginal autographe. — Archives du château de Maucreux.

3. Villèle Mémoires, III, 22. — Collationné par nous sur Torig-inal.

S43 2 avril [1822].

A Madame Récamier.

Mardi malin, 2 avril.

Vous trouverez ce mot à votre réveil, comme de coutume. Tous verrez que rien ne changera dans notre vie si vous ne changez pas. Je monte en voiture à l'instant ; il est 5 h. 1/2. A bientôt ; j'écrirai de Calais. J'aime mon bel ange pour la vie. ^

sa [2 avril 1822.]

A la duchesse de Duras.

Mardi matin.

Il est huit heures, je monte en voiture, je vous écrirai de Calais •et je reviendrai bientôt. Je voudrais ne pas vous avoir désolée hier, mais je vous jure que je n'ai pas été maître d'un seul moment. Je me suis couché à trois heures ce matin. J'écrirai de •Calais. -

A Madame la duchesse de Duras. -

S 45 3 avril 1822.

A Madame Récamier.

Calais, mercredi 3 avril.

Me voilà à Calais. Demain je serai à Douvres. Vous connais- :sez mon exactitude, vous savez que je tiens ma parole et que je n'ai jamais trompé personne. Ce petit mot, mis à la poste tout

i. Souvenirs... Bécamiêr,t. I, p. 387-88. — Ilcrriol, II, 110.

-2. D'après l'original autographe. — Archives du ciiàteau d«; Maucretix.

simplement, vous arrivera vite. A Berlin, l'éternité se passait avant que l'on reçût des nouvelles de ses amis. Je vous écrirai de Douvres, et puis de Londres, à l'adresse de M. Lemoine. *

.646 3 avril 1822.

A la duchesse de Duras.

Calais, mercredi 3 avril.

Me voilà à Calais, dans cette ville où j'ai passé il y a 22 ans. Vous ne sauriez croire ce que j'éprouve en songeant atout ce qui m'est arrivé depuis cette époque, et à cette destinée qui me renvoie ambassadeur, dans un pays d'où je suis sorti pauvre émigré, bien obscur, bien malheureux. Pourtant je ne suis pas sans quelque vanité d'avoir fait moi-même cette destinée. Je ne l'ai due qu'à ce que je portois au dedans de moi, lorsque j'ai passé ici. Je ne vous connoissois pas alors ; et voilà un bien qu'on nepeut du moins m'ôter.

Je m'embarquerai demain à 9 heures du matin pour Douvres ; le temps est très beau. Mon étoile de voyageur me suit. -

Douvres, ce vendredi.

Vous voyez que j'ai passé la mer. Je serai ce soir à Londres Je vous écrirai. Je ne me vois pas dans ce pays où j'ai été si malheureux et si jeune sans avoir le cœur serré. ^

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