‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 5 sur 149 · Affaires étrangères , — Angleterre 61o, f*^ 14o · texte numérisé non relu

Affaires étrangères , — Angleterre 61o, f*^ 14o

pont je me berçais, mes premiers travaux, mes rêves de gloire, et enfin tout ce qui compose l'avenir d'un jeune homme qui se sent né pour quelque chose. J'ai saisi quelques-unes de mes chimères, d'autres m'ont échappé, et tout cela ne valait pas la peine que je me suis donnée. Une chose me reste; et tant que je la conserverai, je me consolerai de mes cheveux blancs et ae ce qui m'a manqué sur la longue route que j'ai parcourue depuis trente années.

Je ne puis rien vous dire de la société et de la politique, car je ne sais rien encore. Je n'ai vu personne et je suis au milieu des embarras d'une maison que l'on meuble et que l'on peint. Je suis un peu souffrant de la peinture, du charbon et du brouillard.

J'attends un />///e/ de vous. Vous n'écrivez que des mots. Mandez-moi pourtant tout ce que vous saurez. On parle fort de guerre et de congrès. Vous voyez mon exactitude, c'est comme k Berlin. Soyez sûre que tout s'accomplira comme je vous l'ai dit. ^

654 , 9 avril 1822.

A Joubert.

Londres, 9 avril 1822.

Vous savez, mon cher ami, que je n'aime point les adieux, et c'est pour cela que je ne vous ai point embrassé en partant. Me voilà dans ce Londres où j'ai passé ma jeunesse, et c'est en revenant de Londres que je vous ai vu pour la première fois. Je suis fort attristé par tout ce que ce lieu me rappelle; et hier, en revoyant Kensington, le souvenir du pauvre Fontanes me mettait les larmes aux yeux. Tout me paraît noir et triste ici. Je m'y ferai, mais je suis enchanté que la Chatte n'y soit pas venue, elle y mourrait : le charbon de terre, le brouillard, l'humidité, sans parler de la société, lui seraient insupportables.

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