Germiny Nouvelle Revue Ré fr,, 1900, XIII
2. Le comte d'Antioche [Chateaubriand ambassadeur à Londres, p. 291-2) a publié les dix lignes précédentes.
Lé vote de notre loi des douanes et la bonne conduite de nos soldats dans l'affaire de Garon et Roger vont encore augmenter notre crédit politique .
Les affaires intérieures touchent ici à leur terme . Lord Londonderry croit que la session du Parlement ne se prolongera pas au delà de la dernière semaine de juillet.
J'ai donné une petite fête pour l'anniversaire du 8 juillet ; j'avais chez moi tout ce qu'il y a de plus distingué à Londres : des personnes qui tiennent à la Cour, m'ont affirmé que S. M. Britannique, cédant enfin au vœu de ses ministres, irait en Ecosse dans les premiers jours du mois prochain. Il paraît, si le voyage a lieu, ce dont je doute encore, qu'il sera sans pompe : le Roi n'invitera à le suivre aucun membre du corps diplomatique.
Les négociants de la Cité donnent demain un grand dîner à M. Zéa qu'ils traitent de ministre plénipotentiaire de Colombie ; ils m'ont prié à ce dîner ; j'ai refusé poliment cet honneur, allant demain passer 24 heures à la campagne. Après tout. Monsieur le Vicomte, le gouvernement anglais sera forcé de prendre un parti décisif sur l'indépendance des colonies espagnoles en dépit des représentations de la Cour d'Espagne : ce point mystérieux sera bientôt éclairci. Il en est un autre qui aura sans doute appelé votre attention : il serait utile de découvrir par l'intermédiaire de notre ministère à Copenhague, s'il n'existe point réellement un traité d'alliance nouvellement signé entre la Grande-Bretagne et le Danemark.
J'ai l'honneur d'être avec une haute considération. Monsieur le Vicomte,
Votre très humble et très obéissant serviteur, Chateaubbiand. 1
A S. Ex. M. le Vicomte de Montmorency . -