Affaires étrangères. —Angleterre, 615, f
155 9 juillet 1822.
A Madame Récamier.
Ce 9 juillet 1822.
Point de billet de vous par le dernier courrier. Vous m'accoutumez à cette manière. Quatre lig^nes vous coûteraient tant. Me voilii arrivé à une époque où il me semble que les obstacles sont surmontés et que je me rapproche de vous. J'ai donné cette nuit même mon dernier bal de la saison; aujourd'hui, ma porte est fermée. Je ne recevrai plus personne ; tout le monde s'en va, et en voilà pour huit mois. Les affaires vont également finir. Le parlement est au moment de se séparer. Que ferais-je donc en Anî^leterre ? C'est à vous de me rappeler. Mon dernier billet vous a tout dit sur le Congrès et V intérim. Il y a trois mois que je vous ai quittée : ces trois mois m'ont vieilli de trois siècles. Que ne suis-je pour toujours dans la petite cellule!^
756 10 juillet 1822.
Au marquis de Londonderry.
Le soussigné, Ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne, s'empresse d'appeler l'attention du marquis de Londonderry sur la saisie du lougre français le Lancier. Ce navire, destiné à fournir des matelots aux Bâtiments qui naviguent dans la Manche, a été conduit le 20 avril dernier dans un des ports d'Angleterre. Cette saisie fut motivée sur ce qu'il s'était trouvé à bord des bouts de cordages qu'on supposait propres à favoriser la contrebande. On a prétendu dès lors y voir une contravention aux règlements d'Angleterre. Le Gouvernement français ne peut reconnaître la légitimité de ces motifs ; indépendamment de ce que les règle