‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 60 sur 149 · La signature seule est autographe · texte numérisé non relu

La signature seule est autographe

2. Affaires étrangères, Angleterre, 015, f»348. — Publiée incomplètement par le comte d'Ant'ioche Chateaubriand ambasftddour à Londres, p. 333-4.

Correspondance de (Chateaubriand. T. III. 13

A la duchesse de Duras.

Londres, ce vendredi, 2 août 1822.

Non, Adrien n'ira pas au Congrès, mais je n'irai pas non plus ; voilà le fait. J'admire votre légèreté / vous ne touchez plus la terre : dans la seconde partie de votre lettre où vous devriez au moins me parler de ce que je vous disois sur Villèle et de mes projets, vous me racontez des commérages sur la P**^ [Est. |erhazy et M. de Blac.[as]. Je n'ai pas reconnu là votre bonne tête. Je m'étonne aussi que vous n'ayez reçu que lundi 29 juillet une lettre qui auroit dû vous arriver le vendredi 26 ou au plus tard le samedi 27. Vous manqueroit-il une lettre ? Calculez : je vous ai écrit exactement par tous les courriers c'est à dire deux fois par semaine, le mardi et le vendredi de chaque semaine; je mets les dates exactement ; ainsi vous verrez bien s'il y a un courrier de moins. Dans ce cas il y auroit une lettre perdue, et cette lettre seroit importante. Mais je ne le crois pas, seulement vous aurez été occupé du Roman. Après tout vous avez raison. C'est ce qu'il y a de mieux dans ce monde.

Je ne regarde pas du tout le retour de M . de Blacas comme indifférent : il fera certainement naître des intrigues et des ambitions ; elles intrigues et les ambitions sont toujours dangereuses, surtout dans un état nouveau, parce qu'elles divisent et menacent les autorités. Je ne sais ce que M. de Blacas sera pour moi ; je ne compte pas plus sur lui que sur tout autre , et les affaires m'ont au moins appris à mépriser encore la race humaine un peu plus que je ne le faisois.

Je ne sais ce que je deviendrai quand la question du Congrès sera décidée négativement : je n'irai certainement point en Ecosse ; peut-être prendrai-je un grand parti. Le Roi étant à Edinbourg et lord Londonderry à Vienne, qu'ai-je à faire ici ? ^

l. D'après l'orig-inal aiitog-raphe. — .Vrchives du chàtenu de Maucreux

118 () août i 822.

l** Division Londres, ce 0 août 1822.

Politique N** 4G Monsieur le Vicomte,

Je vous remercie de la dépêche N^ 29, que vous m'avez f;iit l'honneur de m'adresser en date du 1*^'" de ce mois. J'ai vu ce matin à onze heures le marquis de Londonderry. 11 m'a dit que sir Charles Stuart avait reçu Tordre de vous entretenir du contlit survenu entre des vaisseaux français et des vaisseaux anglais sur la côte d'Afrique. « La cause, a-t-il ajouté, est portée maintenant « devant des juges, et le gouvernement anglais est disposé à « agir avec toute la modération et la condescendance possible. » Ce gouvernement est en effet toujours modéré en paroles, mais jusqu'à présent je ne l'ai pas vu une seule fois se relâcher des prétentions qu'il avait avancées, ou revenir sur les mesures qu'il vivait prises.

J'ai rhonneur de vous adresser par ce courrier copie d'une lettre de M. le baron Séguier au sujet du brick la Vigilante^ capturé sur la cote d'Afrique, avec la petite Betzij et l Ursule, par ilphigénie, bâtiment de guerre anglais.

Lord Londonderry, Monsieur le Vicomte, m'a aussi déclaré qu'il partirait du 15 au 20 pour Vienne, qu il s'arrêterait quelques jours à Paris, où il espérait aplanir, chemin faisant, bien des difïicultés touchant les alfaires à traiter au Congrès. Vous jugerez mieux que moi, Monsieur le vicomte, de ce que vous avez à faire ; mais je crois toujours que la politique anglaise •est celle-ci : « Se séparer des intérêts du continent, et abaisser « la Russie en évitant soigneusement la guerre. « Si j'ai raison, les paroles de lord Londonderry doivent être reçues avec une extrême précaution.

A deux heures. Monsieur le Vicomte, j'ai assisté à la clôture

du Parlement que le Roi a faite en personne. Il a annoncé dans son discours que d'après l'état des négociations, il avait la ferme espérance que la paix ne serait point troublée en Orient. Le Parlement est ajourné au 8 octobre ; ce sont les quarante jours légaux qui sont censés séparer chaque session des chambres : (les prorogations successives auront lieu jusqu'à la fin de février. J'oubliais de vous dire, Monsieur le Vicomte, que Lord Londonderry emmènera avec lui à Vienne le premier sous-secrétaire d'Etat des Affaires Etrangères, Lord Glanwilliam. Il ne restera ici que M. Planta. Tout le corps diplomatique quitte Londres ; ill n'y restera pour ainsi dire que Sir W. A'Gourt dont le séjour ici se prolonge indéfiniment : apparemment qu'on est très satisfait des services de M. Hervey en Espagne. S. M. Britanniques'embarque après-demain jeudi pour l'Ecosse.

J'ai l'honneur d'être avec une haute considération. Monsieur le vicomte,

Votre très humble et très, obéissant serviteur.

Chateaubriand. ^

A Son Excellence, Monsieur le Vicomte de Montmorency . ^

779 G août 1822.

A Villèle.

Londres, ce mt^rdi 0 août 1822.

Je vous préviens, mon cher ami, que lord Londonderry partirale 15 pour Vienne. Ainsi voilà le Conseil obligé de se prononcer pour les nominations au Congrès. Si M . de Montmorency n'y va pas, je compte sur votre amitié. Il est impossible que l'on puissesonger à faire représenter le ministère actuel par MM. de Cara-

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