‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 62 sur 149 · Affaires étrangères, Angleterre, 015, f · texte numérisé non relu

Affaires étrangères, Angleterre, 015, f

^Si 6 août [1822].

Depuis que vous êtes sûre que M. de Rauzan ira au Congrès sans moi, vous n'avez pas pris plus de souci de mon affaire que du grand Turc. Vous avez mis huit jours à parler à Villèle sur une demande de la dernière importance. Qu'importe après tout? La chose est sans doute décidée à présent. J'annonce à Mathieu aujourd'hui que lord Londonderry part le quinze pour Vienne et qu'il emmène avec lui le sous-secrétaire d'Etat, lord Glanwilliam. Ce serait un exemple pour Mathieu s'il voulait emmener avec lui un second au Congrès. J'attends en paix mon sort ; il sera décidé dans huit jours. Je ne puis écrire que ce peu de mots. J'ai eu audience ce matin de lord Londonderry, et j'ai assisté à la séance royale pour la clôture du parlement. 11 m'a fallu faire ensuite ma dépêche et je retarde le départ du courrier pour vous écrire ce billet.

Mardi () août, 7 heures du soir.^

7SS 6 août 1822.

A Madame Récamier.

Mardi, 6 août 1822.

Nous touchons à la conclusion de toutes parts. Lord Londonderry part le 15 pour Vienne, et passera par Paris. 11 faut donc que le conseil à Paris fasse la nomination, et peut-être, au moment où je vous écris, est-elle faite. Le parti que prend Mathieu est très-noble, mais il se présente pourtant une chance : lord Londonderry emmène avec lui le sous-secrétaire d'Etat, lord Clan-

1. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucroux.

William. Ce serait un exemple pour Mathieu, s'il allait au congrès et s'il voulait m'emmener avec lui. Je n'ai que le temps de vous dire ces deux mots. J'arrive de la séance royale pour la clôture du parlement, et le courrier part. Enfin nous allons sortir des incertitudes. Je saurai au moins, quel que soit l'événement, ce que j'aurai à faire. Votre première lettre m'apprendra peut-être mon sort. '

783 6 août 1822.

A Bertin aîné.

Londres, ce 6 août 1822.

Lord Londonderry part du 13 au 20 pour le Congrès à Vienne. Il faut que l'on se décide à Paris. Voilà le moment venu : remettez à l'instant, je vous prie, cette lettre à Villèle. Elle ne dit rien; elle ne fait que lui rappeler ses promesses. Si Mathieu ne va pas au Congrès, je me crois sûr d'y aller. Mais ce si l'emportera, malgré toutes les raisons d'intérêt personnel qui doivent retenir Mathieu à Paris.

Si je vais au Congrès apportez-moi sur-le-champ la lettre.

Lord Londonderry emmène avec lui à Vienne le premier soussecrétaire d'Etat, lord Clanivilliam : ne serait-ce pas là un exemple et un précédent pour Mathieu, s'il allait à Vienne, pour m'emmener avec lui ? Mais au moment oùje vous demande ceci, l'affaire est peut-être décidée à Paris.

Voici une petite chose, mais qui peut en produire de grandes, par l'influence que cela a pour moi. Dites donc à Mathieu qu'il n'oublie pas de faire inviter ma femme à dîner quand il arrive quelques Anglais marquants à Paris, et surtout qu'il ne l'oublie pas lors du passage de lord Londonderry. Elle se plaint, et elle a raison, et moi, j'en suis à la fjouttc d'eau : elle peut faire répandre le vase.-

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