‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 75 sur 149 · Chédieu de Robethon, op. ci<.,p · texte numérisé non relu

Chédieu de Robethon, op. ci<.,p

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loir bien obtenir d'elle la permission pour moi de me rendre incessamment à Paris.

J'ai l'honnem^ d'être, Monsieur le Comte, avec une haute considération,

Votre très humble et très obéissant serviteur, Chateaubriand. ^

S 19 31 août [18221.

A Villèle.

Londres, samedi matin 31 août.

Marcellus m'a apporté votre lettre cette nuit, mon cher ami. D'après cette lettre et celle de Mathieu voici ce que je vais faire. Je verrai le Roi, les ministres et le duc de Wellington lundi, mardi et mercredi. Je réglerai tout avec eux, et je partirai jeudi pour Paris ou j'arriverai samedi 7 septembre ou dimanche 8; je vous demande un congé par une lettre officielle pour le Roi et pour la forme; mais je n'en attendrai pas ici l'expédition, cela me mènerait trop loin ; à moins que le billet ne vous arrive lundi avant le départ du courrier (ce qui n'est guère probable) et que vous fassiez partir ce congé par le courrier de lundi, en quel cas il m'arriverait jeudi matin 5 septembre avant mon départ. Si le temps vous manque, vous garderez le congé que je trouverai prêt en arrivant à Paris. Vous pourriez encore me l'expédier à Calais, je l'y prendrais jeudi soir en passant.

Un quart d'heure de conversation avec moi, mon cher ami. vous prouvera que puisqu'on m'envoie au Congrès, il faut pour mille raisons que j'aille le plus tôt possible retrouver Mathieu à

1. Affaires étrangères, Angleterre, 015, f°399. — Comte d'Antioche Chateaubriand amhassiadeur ù Londres, p. 369.

Vienne. Je vous remercie de votre amitié et je vous en remercierai davantage à Paris. Tout avons.

Chateaubriand.

Si le ministre des Affaires étrangères est nommé d'ici lundi ^ ce que je ne crois pas, je trouverai moyen de vous transmettre la nouvelle. *

SW 31 août 1822.

A la duchesse de Duras.

Lundi, le 31 août 1822.

Marcellus est arrivé cette nuit. Je serai à Paris samedi 7 ou dimanche 8 septembre. Voyez Villèle. Dites-lui d'expédier sur le champ mon congé à Calais, dites-lui surtout que rien n'est plus important que de m'envoyer rejoindre Mathieu à Vienne. Vous en voyez bien les mille raisons. Mathieu m'écrit qu'il me donnera le duc de Rauzan à Vérone pour mon secrétaire de légation. 11 sera lier et charmé mais bon Dieu, quel barbouillage encore. Jamais rien de net.

J'ai vu Hartwell, et ma lettre au Roi est faite. Vous la recevrez vendredi par la poste. M. de Duras la remettra, elle arrivera avant moi, c'est la perfection. Enfin je vais vous voir !

Les convenances et les affaires ici ne me permettent pas de quitter Londres plutôt, quand Mathieu et Villèle me demanderaient de rester quelc[ues jours ici. ^

1. D'après l'original autographe. — ConimunicaLion de M. le comte cl( Villèle.

2. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

— 2;i! — S'21 3 septembre 1822.

A Villèle.

Londres, le 3 T'"-*^ 1822.

!•* Division Politi(jue N° 57 Monsieur le Comte,

J'ai reçu la lettre de M. le vicomte de Montmorency, en date du 29 août, par laquelle il m'annonce son départ pour Vienne et votre nomination par intérim au ministère des Affaires Etrangères : je vous félicite, Monsieur le comte, de cette nouvelle marque de la confiance du Roi.

J'ai eu hier, 2 du courant, et aujourd'hui 3, des conversations très importantes avec le duc de Wellington, lord Bathurst et lord Liverpool. J'aurai Thonneur de vous en rendre compte incessamment à mon arrivée à Paris.

Le duc de Wellington, Monsieur le comte, m'a dit qu'il partait jeudi prochain Ti pour Vienne. Il passera par Paris, où il ne s'arrêtera que deux jours pour faire sa cour au Hoi et pour s'entretenir avec vous. Il compte arriver à Vienne le 17 ; sa mission, comme celle de M. le vicomte de Montmorency, se bornera aux conférences de Vienne. L'Angleterre sera représentée au Congrès de Vérone, comme elle l'était à celui de Laybacli, par M. Gordon, secrétaire de l'ambassade anglaise en Autriche et chargé d'affaires en l'absence de lord Stewart. Celui-ci n'ira pas à Vérone, à cause de la mort de son frère, le marcpiis de Londonderry.

Je dois avoir une audience du Roi jeudi ou vendredi. S. M. Britannique part à la tin de la semaine pour Windsor ou Brighton ; je n'aurai plus rien absolument à faire ici. La nomination du successeur ou des successeurs de lord Londonderry, peut avoir lieu incessamment, comme elle peut être retardée : nul ne le sait, pas même les ministres. Les chances pour les divers candidats

restent telles que je les ai indiquées dans mes dernières dépêches. Les étrangers n'exercent aucune influence sur les affaires intérieures de ce pays ; aussi tous les ambassadeurs sont-ils absents^ et ils apprendront par la gazette la nomination du ministre chargé d'entretenir avec eux les rapports diplomatiques.

Si le congé que je vous ai prié, Monsieur le Comte, de demander pour moi à Sa Majesté me parvient, comme j'ose l'espérer^ vers la lin de cette semaine, je compte partir dimanche prochain, après l'arrivée du courrier. M. de Marcellus, très au courant des affaires, sera chargé de la correspondance, en attendant que sa position ait été régularisée par vos ordres postérieurs. J'ai l'honneur d'être avec une haute considération. Monsieur le Comte,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

Chateaubriand.

P. -S. — Il paraît que le départ du duc de Wellington est retardé d'un ou deux jours.

Ch.î

8SS 3 septembre 1822.

A Madame Récamier.

Londres, mardi 3 septembre.

L'affaire est faite ; mais avec quelle mauvaise grâce de la part de Mathieu ! Villèle a été excellent et par conséquent tout votre coté. Je ne puis plus partir que dimanche prochain 8 septembre. Je ne vous verrai donc que le 11 ou le 12. Mais, dites, ne pourriez-vous venir au-devant de moi à Chantilly ? J'aurai soin de

1. Affaires étrangères, Angleterre, 615, f" 400. — Comte d'Antioche Chateaubriand ambassadeur à Londres, p. 369-71.

vous faire connaître juste le jour et Theure auxquels je pourrais y arriver. Je vous verrais avant tout le monde, nous causerions ! Que j'ai de choses à vous dire, et que de sentiments je renferme dans mon cœur depuis cinq mois ! L'idée de vous voir me fait battre le cœur.

Cette lettre vous arrivera vendredi. Répondez-moi sur le champ et courrier par courrier par un mot que vous adresserez poste restante^ à Calais ; je l'y trouverai en passant et je trouverai moyen de vous faire dire Theure du rendez-vous, si vous l'acceptez. Mais, au nom du ciel, gardez-vous d'Adrien. Le mal que cet homme m'a fait est incalculable. C'est lui qui a nourri la jalousie secrète de Mathieu et les emportements de M'"** de D....1 Comment n'avez-vous pas deviné pourquoi je ne vous ai pas envoyé Marcellus et pourquoi il n'a même pas su que je....-

893 3 septembre 1822.

A la duchesse de Duras.

Mardi 3 septembre 1822.

Tout va bien ici pour nous : ma nomination qu'on a vue dans les journaux a fait un plaisir extrême aux ministres. J'ai vu le duc de Wellington, lord Bathurst, lord Liverpool, j'ai eu la plus intéressante conversation avec eux. Le duc de Wellington part jeudi, il m'a dit qu'il vous verrait en passant à Paris. Ce qu'il y a de très bon, c'est qu'il n'ira aussi qu'à Vienne. 11 n'ira pas au Congrès ; ainsi Mathieu ne pourra céder à la tentation d'aller à Vérone, cela m'assure plus particulièrement le congrès, mais nous verrons quand je serai à Paris si je dois y aller. Vous avez sans doute remarqué que l'Etoile, journal de Mathieu et fait par

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