septembre
Au comte de Marcellus.
Paris, 28 septembre 1822.
Voici ma lettre de compliment à M. Ganniiig sur sa nomination.
Dans quinze jours je serai à Vérone ; j'aurai, de là-bas, un œil dirigé sur le congrès, et un autre sur Londres, où j'espère vous embrasser avant le 1*''' janvier.
Merci de votre avis pour la traite des Noirs. Je me tiendrai sur mes gardes, et je ne serai pas dupe de la philanthropie britannique. Je la connais: c'est peut-être charité chrétienne chez quelques membres du parlement hors du pouvoir ; mais, chez les dirigeants, c'est pur égoïsme politique.
Que font-ils donc dans les Grandes-Indes, pour la liberté de cent millions de blancs ou de jaunes, ces hommes d'Etat devenus tout d'un coup si scrupuleux et si passionnés de si fraîche date pour la liberté des nègres ?
836 2 [octobre 1822].
A la duchesse de Duras.
Mercredi 2.
Je ne serai pas chez vous avant dix heures et demie. Je saurai l'histoire de Gordon mais le Duc ira. Il y a un peu d'eau dans le vin anglais en ce moment. Je trouverai mon confrère Mathieu prêt comme moi à exécuter les ordres que je lui porterai du Président Villèle. Cela m'amuse assez. Mathieu ne sera que 8 à 10 jours à Vérone. Je pars samedi.
Madame la Duchesse de Duras. -
1. Marcellus Polilique de la Restauration, p. 94-9o. — Peut-être apocryphe.
2. D'après l'original autographe. — Archives du château du Maucreux.
881 4 octobre 1822.
Au comte de Marcellus.
Paris, 4 octobre 1822.
J'ai reçu, Monsieur, toutes vos lettres. Je pars demain pour Vérone, et les nouvelles destinations du duc de Wellington et de M. de Montmorency ne m'arrêtent pas. On ne peut même rien faire sans moi, car je suis porteur des instructions et des pleins pouvoirs. Je suis fâché de partir sans que vous m'ayiez dit si vous avez eu la bonté de remettre à M. Ganning la lettre que je vous ai envoyée pour lui, il y a environ 15 jours. Je vous serai oblig-é de me dire si vous l'avez reçue et de m'écrire à Vérone.
Je vous écrirai, et je vous tiendrai au courant de tout ce que je pourrai vous dire.
Je crois toujours être à Londres pour le courant de janvier. Savez-vous que le salon revient à 40.000 francs au lieu de 24 ? J'ai tout réglé avec M. Erard : les choses restent comme vous les avez arrangées. Je voudrais pouvoir écrire à MM. de Gazes et Bourqueney, mais je ne sais où donner de la tête, tant les affaires se sont pressées. Faites leur part de tous mes regrets. Bonjour, Monsieur, écrivez-moi et comptez sur mon inviolable attachement.
Ghateaubriand.
Avez-vous reçu la malle de linge ? Dites, je vous prie, au docteur Stoddart que j'ai reçu la lettre ; que je suis très fâché de n'avoir pas eu le temps de lui répondre, mais que je ferai ce qu'il désire. *