I. Souvenirs... Récamier^ t. I, p
fâché de vous le dire, il déteste vos amis les libéraux. En tout, je crois que nous ferons de bonne besogne. Le prince de Metternich est un homme de très-bonne compagnie, aimable et habile. Au milieu de tout cela, je suis triste et je sais pourquoi. Je vois que les lieux ne font plus rien sur moi. Cette belle Italie ne me dit plus rien. Je regarde ces grandes montagnes qui me séparent de ce que j'aime, et je pense, comme Garaccioli, qu'une petite chambre à un troisième étage k Paris vaut mieux qu'un palais à Naples. Je ne sais si je suis trop vieux ou trop jeune ; mais enfin je ne suis plus ce que j étais, et vivre dans un coin tranquille auprès de vous est maintenant le seul souhait de ma vie. *
845 25 octobre 1822.
Au comte de Marcellus.
Vérone, le 25 octobre 1822.
Il y a bien longtemps, Monsieur, que je n ai entendu parler de vous. Si vous m'avez écrit, vos lettres ne me sont point parvenues et elles seront restées aux Affaires étrangères. Je vais m'en plaindre a M. Herman. Tout va très bien ici. La France y jouit d'une grande considération. L'union entre les souverains est intime, et la Révolution a pour jamais perdu son procès au tribunal de la Sainte-Alliance. Les empereurs d'Autriche et de Russie sont admirables pour nous. Donnez-moi un peu, Monsieur, des nouvelles de Londres. J'espère être à Paris vers la fin de novembre et en Angleterre le l''*" janvier. Le duc de Wellington et la comtesse Liéven doivent nous quitter dans 10 ou 12 jours. M. de Montmorency partira à la même époque lorsque l'on commencera à traiter les affaires d'Italie. M. de Boissy et Hyacinthe se rappellent k votre souvenir. Faites, je vous prie, tous mes