‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 109 sur 161 · Archives de la famille de Polignac · texte numérisé non relu

Archives de la famille de Polignac

iiS5 21 mai 1824.

Au prince de Polignac.

i\^ris, le 21 mai 1824.

Le secrétaire de Hyde de Neuville n'étant pas prêt à partir, je prends le parti de vous envoyer cette lettre par estafette jusqu'à Calais, et par courrier français de Calais à Londres. Je n'aurais pu vous écrire que lundi par le courrier ordinaire, vous n'auriez reçu mon paquet que mercredi, avant-veille de votre départ, et vous n'auriez plus eu le temps de voir M. Canning-. J'ai écrit la lettre jointe à celle-ci de manière que vous puissiez la lire à M. Canning, si vous n'y voyez aucun inconvénient ; mais pour peu que vous ne croyiez pas le moment favorable, abstenez-vous ; et surtout si vous lisez la lettre, donnez-vous garde d'en laisser prendre copie, et si on vous proposait d'en faire une espèce de Mémorandum, refusez-vous à cette demande, en disant que vous n'avez point d'ordre et que cette lettre étant tout à fait privée et de ma propre main, il ne vous appartient pas d'en disposer. Je serais pourtant bien aise, avant votre départ, que vous voyiez M. Canning sous prétexte de prendre congé de lui et que vous détruisiez quelques points de sa conversation et de sa lettre sur Iturbide : il est aussi trop fort, quand la politique anglaise soulève l'Amérique, de nous entendre dire que les intrigues de la France mènent Iturbide au Mexique. Vos collègues ont ordre de parler aussi à M. Canning pour la médiation. Je suis d'avis maintenant de ne plus insister ; il était certainement très bon de parler au moment de la réponse de Madrid. A présent il est bon d'attendre vos trois circonstances.

Je vous écrirai encore lundi. On a des nouvelles ici de Lisbonne. Jusqu'au 5 il y avait beaucoup d'arrestations. Du reste, on était assez tranquille.

Tout à vous, Noble Prince.

Chateaubriand. ^

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