Souvenirs... Récamier, t. II, p
roi et je tâche de prévenir le mal. Je croyais être libre après la guerre d'Espagne, mais je vois que les affaires pèsent sur moi plus que jamais. Si je ne suis pas à l'Abbaye à six heures et demie, c'est que je n'aurai pu finir. Je dîne chez M. de Gossé, et après le dîner, je vais avec M'"^ de Chateaubriand chez le duc d'Orléans. Demain à huit heures du soir, si vous y consentez, j'irai à la petite cellule, quoique vous ayez été bien rude la dernière fois. A demain ! Je suis bien las et il me prend vingt fois par jour envie de planter tout là. *
mO 2 octobre 1823.
Au prince de Polignac.
Paris, le 2 octobre 1823.
Sir Charles Stuart - est venu hier chez moi, noble Prince, me déclarer que l'affaire de TEspagne allait finir et qu'en conséquence le gouvernement anglais, plein de bienveillance, allait donner ordre à Sir W[illiam] A'Courtde se rendre auprès du Roi Ferdinand, aussitôt qu'il serait délivré. Je l'ai remercié de ce grand effort de bienveillance, et profitant de l'occasion je lui ai dit que j'espérais que tout dissentiment allait cesser, et que l'Angleterre consentirait désormais à s'occuper du sort futur de l'Espagne de concert avec les alliés. Il m'a dit qu'il n'avait aucune instruction sur ce point. Je l'ai fort invité à se réunir à l'Alliance dans la cause commune des Monarchies. Cela ne produira rien ; mais vous voyez combien on a d'amis lorsqu'on triomphe.
Tout tombe en Espagne. Voilà Figuières entre nos mains. Les nouvelles du Port Sainte-Marie sont du trois. Tout se disposait à l'attaque à la fois sur le Puntalès et sur les batteries placées à