‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 113 sur 161 · Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Congrès de Vérone

fermeté de votre conduite et à l'énergie que vous avez montrée qu'était dû le salut du Portugal et celui de sa Majesté Très Fidèle. La ligne de conduite tracée dans la lettre que vous avez écrite le 18 avril à M. le Comte de Subserra, aurait pu peutêtre prévenir les malheurs qui ont failli de nouveau accabler le pays à peine arraché à une agitation révolutionnaire. Il est à regretter qu'elle n'ait point été suivie dès les premiers moments de la Restauration.

L'Infant don Miguel sera reçu et traité en France d une manière à ne blesser aucun des sentiments qui doivent exister à la fois dans le cœur de Sa Majesté Très Fidèle et il trouvera les moyens de reprendre bientôt l'attitude qui convient à sa naissance et qui peut rendre son retour en Portugal heureux pour le Roi, pour son pays et pour lui. Ce voyage sera une raison de renouer la négociation de son mariage avec la Princesse de Naples, négociation que vous ne devez pas perdre de vue.

Il est à craindre que les événements qui viennent de se passer n'amènent le Roi de Portugal à consentir à ce que le commandement général des troupes soit rendu au Maréchal Baresford. Vous devrez, Monsieur le Baron, chercher sans vous compromettre à l'empêcher si vous le pouvez.

Nous pouvons, en mettant à profit la juste considération que votre conduite vous a méritée à Lisbonne, faire regarder la France comme un appui politique nécessaire pour Sa Majesté Très Fidèle.

Je ne puis juger avec précision quel effet les derniers événements produiront sur les dispositions du gouvernement portugais relativement aux affaires du Brésil. La personne qui sans caractère oificiel a été quelquefois chargée de parler au gouvernement français au nom du Prince dom Pedro, est venue hier m'entretenir de l'espérance qu'elle conservait que le Roi de Portugal pût être amené à sanctionner d'une manière quelconque l'autorité que le Prince appelé par la nature à lui succéder un jour, exerce actuellement à Rio de Janeiro.

J'ai dû me borner, Monsieur le Baron, à lui dire que la France verrait toujours avec satisfaction tout ce qui pourrait mettre un terme à la division qui existe entre Sa Majesté Très Fidèle et son fils.

Chateaubriand.*

i440 6 juin 1824

AVillèle

Paris, 6 juin 1824.

Monsieur le comte,

J'ai reçu la lettre que vous avez bien voulu m'écrire contenant l'ordonnance du roi, datée de ce matin, 6 juin, qui vous confie le portefeuille des affaires étrangères. J'ai l'honneur de vous prévenir que j'ai quitté l'hôtel du ministère et que le département est à vos ordres.

Je suis avec une haute considération, etc.

Chateaubriand. 2

Page 1