‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 115 sur 161 · Catalogue Et. Charavay, 24 mars · texte numérisé non relu

Catalogue Et. Charavay, 24 mars

43" 17 octobre 1802.

Paris, le 17 octobre 1802.

Monsieur,

Je m'empresse de vous remercier de l'ouvrage que vous avez bien voulu m'envojer. Si M. de Fontanes avait reçu votre lettre, il vous aurait certainement répondu, mais il n'est presque jamais à Paris. D'ailleurs, il n'est plus propriétaire du Mercure : il donne quelquefois, ainsi que moi, des articles au journal, mais je connais à peine ses nouveaux propriétaires, il n'a aucun crédit auprès d'eux. Je suis malheureusement placé dans le même cas, et je regrette infiniment de ne pouvoir vous être utile. Je vous prie d'en être persuadé, ainsi que des sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

DE Chateaubriand.

Veuillez présenter mes compliments à M. Marie .^

81^ 31 août [1803].

A Madame de Rocfeuille.

Rome, le 13 fructidor, 31 août.

si je vous avais écrit, Madame et chère cousine, en arrivant à Rome, pour vous dire combien j'étais honteux et affligé de ne vous avoir pas vue avant mon départ, ma lettre aurait peut-être été moins triste qu'aujourd'hui ; j'étais dans le premier moment des honneurs. Le Pape m'avait reçu comme un père reçoit un fils ; j'avais trouvé mon ouvrage traduit, etc., etc. Tout me semblait aller à merveille. Mais à présent je vois qu'il faut attendre pour juger. Les intrigues, les petites jalousies, les tracasseries de toute espèce ont bientôt pris la place de toutes les illusions : j'ai vu que

i. Communiquée par M. Louis Monod.

cette pauvre religion était abandonnée de ceux mêmes qui pourraient et qui devraient la servir ; enfin que la franchise bretonne est bien étrangère à la politique romaine.

J*ai rencontré dans le pays, Madame, plusieurs personnes qui vous y ont connue, ainsi que madame votre mère. Elles conservent de vous un bien doux et un bien tendre souvenir, ce qui vous paraîtra tout naturel. Je voudrais bien me lier avec tout ce qui vous a aimée, et si vous vouliez m'envoyer quelques lettres de recommandation pour vos amis de Rome, vous me feriez un extrême plaisir. Nous parlerions de vous souvent, de vos malheurs, de votre esprit, de votre bonne grâce, et vous savez combien on trouve de plaisir dans l'exil à parler des choses qui rappellent la patrie.

Veuillez me pardonner d'avoir été assez malheureux pour m'éloigner de la France sans vous avoir dit combien je mets de prix à votre amitié et à votre estime. J'ose croire que vous êtes bonne chrétienne, et que l'indulgence est une de vos premières vertus. Cependant je serai malheureux jusqu'au moment où vous m'enverrez mon pardon en bonne forme, et en généreuse cousine. J'attendrai votre réponse avec impatience ; mais je vous supplie de croire qu'elle ne pourra rien ajouter à l'inviolable attachement et aux sentiments que vous a voués pour le reste de sa vie, Madame, le plus humble, le plus respectueux et le plus coupable de vos serviteurs.

DE Chateaubriand.

Oserais-je vous prier de présenter mes hommages à Madame

votre mère et de me rappeler au souvenir de M. de Ségur.

A Madame de Roc feuille

place Beauve au, à V ancien

Hôtel de la Municipalité

à Paris

France. ^

1. Original autographe. Bibl. de Genève. Mss. Sup. 358, f»' 300-301. — G. P., Une lettre inédite de Chateaubriand [Mercure de France, 16 sept. 1913, p. 446).

10'2^ [RomeY Si décembre [iSOS].

A Lemoine.

Je suis très touché, Monsieur, de la loyauté de votre procédé envers moi dans une circonstance si triste ; cela prouve combien la femme adorable que nous pleurons savait bien choisir ses amis. Je laisserai donc entre vos mains, Monsieur, le dépôt qu'elle vous a confié ou, si vous l'aimez mieux, vous pouvez le remettre à M^® S[aint]-Germain que je prendrai à mon service et qui doit être maintenant à Paris.

On dit que le gouvernement, pour me venger de tant de calomnies répandues sur moi depuis 4 à 5 mois, veut me donner une place plus agréable auprès de la France et qu'on me permettra d'aller un moment à Paris ; si cela est ainsi, j'espère avoir le plaisir de vous y voir et de vous remercier de votre noble fidélité à la mémoire de notre digne amie.

J'ai l'honneur d'être. Monsieur, avec tous les sentiments possibles d'estime et de reconnaissance, votre très humble et très obéissant serviteur.

DE Chateaubriand.

21 X'^'« 29 frimaire.

A M. Le Moine Rue de Grenelle

F. B. S. Germain No il Si

à Paris.-

1. La lettre porte deux cachets : Bureau Français-Rome et 1 6 N[ivo]se an 12.

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