‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 19 sur 161 · Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Congrès de Vérone

attaché mon nom et celui de mes amis. M. Cannin«i: doit être désolé et il a montré une bien petite politique.

La nouvelle vient encore à propos pour déjouer toutecette affaire de Buenos-Ayres au fond de laquelle il est, car le premier acte de Ferdinand sera sans doute de révoquer le décret des Cortès (pii reconnaît l'indépendance de ses colonies. Alors que fera l'Angleterre ? Elle aurait arg^ué à son tour l'indépendance de Buenos- Ayres, car il est clair que c'est elle qui avait conduit tout cela secrètement. Et nous, si nous voulons nous fâcher, ne pouvonsnous pas dire que Buenos-Ayres nous a déclaré la g-uerre, puisque la nouvelle République a voté cent millions contre nous, cent millions que l'Angleterre était sans doute convenue de prêter et qui aurait mis Buenos-Ayres dans sa main.

Voilà bien des mécomptes pour M. Canning, mais soyons modestes dans le triomphe. Vos collègues de Prusse et de Russie auront sans doute bien pris l'événement, mais votre collègue d'Autriche, s'il a suivi les inspirations du Prince Metternich, n'aura pas été si cordial. Le pauvre baron Vincent lui-même n'a pas pu s'empêcher de faire la grimace. Il est vrai que la France, redevenue puissance militaire, doit inquiéter un Cabinet qui ne nous a jamais voulu de bien et qui a des liaisons secrètes avec l'Angleterre.

Pozzo part lundi pour Madrid ; il n'y fera qu'un très court séjour ; il connaît le proverbe : qui quitte sa place la perd. Tout à vous, noble Prince.

Chateaubriand. ^

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