‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 18 sur 161 · Souvenirs... Bécainier, t. Il, p · texte numérisé non relu

Souvenirs... Bécainier, t. Il, p

J'289 H octobre 1823.

Au comte de Monlezun.

Paris, le 8 octobre 1823.

Monsieur le Comte, je m'empresse de vous annoncer que le gouvernement vient de recevoir une dépêche télégraphique de Mgr le Duc d'Angoulême, datée du Port Ste-Marie, le i^"" octobre. Cette dépèche annonce que le Roi et la famille Royale d'Espagne sont arrivés le même jour, à onze heures et demie du matin, au Port Ste-Marie.

Cet heureux événement couronne d'une manière glorieuse une expédition, dont le premier but était de rendre au Roi la liberté. Il doit terminer la guerre, il épargne à l'humanité de nouveaux malheurs ; il prépare à l'Espagne de plus heureuses destinées, et les vœux de Sa Majesté pour la gloire de nos armes sont dignement remplis.

Recevez, Monsieur le Comte, Tassurance de ma haute considération.

Chateaubriand. *

i990 9 octobre 1823.

A M. de Talaru.

Paris, ce 9 octobre 1823. Allons, mon cher ami, le roi est délivré. Voilà une glorieuse et immense affaire. Je ne puis vous donner une direction bien juste dans ce moment, et vous devez prendre beaucoup sur vous. Je vous écris une lettre officielle où je vous recommande seulement deux conseils pour le roi : licencier l'armée et révoquer le décret des cortès qui reconnaît l'indépendance de Buenos-

1. X.X.X. [L'abbé Pailhès] op. cit. La signature seule est autographe. GoUationaé sur l'original. Collection de M™« Victor Egger.

Ayres. Gela surtout est important pour nous, afin d'empêcher l'Ang'leterre d'arg"umenter de ce décret pour reconnaître à son tour l'indépendance des colonies espagnoles avant que nous ayons eu le temps de traiter cette grande affaire. Gomme la nouvelle république a voté cent millions contre nous (cent millions que l'Angleterre aurait sans doute prêtés), nous aurons, si nous voulons, un beau prétexte d'intervenir dans ce débat. Je ne vous parle pas de l'occupation de l'Espagne, il faut que cela soit réglé en conseil sur l'avis de Mgr le duc d'Angoulême. Je vous en écrirai.

Mon plan est de refuser absolument les conférences de Madrid, et de n'en avoir qu'ici : comme cela vous serez hors des tracasseries de vos petits collègues. Je voudrais qu'il fût possible de n'avoir de conférences nulle part, mais cela serait impossible sans rompre l'alliance ; et si l'alliance a de graves inconvénients, elle a des avantages considérables, surtout dans les premiers moments.

Ghateaubriand. 1

iW 9 octobre 1823.

Au prince de Polignac.

Paris, le 9 octobre 1823.

J'espère que la dépêche télégraphique vous sera arrivée avant tout le monde et que vous aurez pu la communiquer au Roi qui y aura pris un aussi grand intérêt que nous. Aujourd'hui, nous n'avons aucun détail : nous ne les attendons que demain et je vous expédierai M. d'Anchald. Voilà, noble Prince, une grande gloire, un immense résultat pour la France, et je ne puis me défendre d'un petit mouvement de vanité en songeant que j'y ai

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