‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 22 sur 161 · Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Congrès de Vérone

i^jg^ 20 octobre 1823.

Au prince de Polignac.

Paris, ce 20 octobre 1823.

La lettre oflicielle, noble Prince, vous instruira de la véritable cause de la retraite du bon Maréchal. ' C'est, vous 1g savez sans doute, une querelle particulière entre le duc d'Angoulème et lui. Il a fallu céder à l'héritier du trône. Nous avons pensé périr et les Royalistes me doivent leur salut. Si le successeur eût été pris parmi les libéraux militaires qui environnent le Prince, nous étions perdus et je me retirais à l'instant. A force de crier, de courir, de faire des représentations, j'ai obtenu le baron de Damas, et l'envoi du maréchal à Vienne. Cette double opération nous sauve. C'est toujours une chose fâcheuse que cette condescendance du Roi pour son neveu, car si demain le duc d'Angoulême veut déclarer qu'il ne veut pas se trouver au château avec tel ou tel ministre, il faudra que ce ministre se retire. Vous sentez s'il peut y avoir de gouvernement représentatif avec cette influence de Prince. Et pourtant, ce Prince est dit-il, constitutionnel !

Je ferai ce que je pourrai pour Laborie. Cette histoire des Débats est peu généreuse. Je ferai aussi quelque chose pour Stoddart. Je voudrais bien que vous le dirigiez sur cette affaire du duc d'Angoulême et qu'il fît bien observer que rien n'est changé dans les principes du ministère. C'est dans ce sens que je vais faire parler les journaux royalistes.

Tout à vous,

Chateaubriand.-

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