‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 29 sur 161 · Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Congrès de Vérone

cipitant sa résolution, donne une autre face à cette grande affaire, et nous oblige à nous prononcer à notre tour. Il est urgent que le roi d'Espagne et les autres alliés agissent de concert. Je vous invite donc à demander à la cour auprès de laquelle vous résidez d'envoyer à son ambassadeur à Paris des pouvoirs pour traiter, en conférence avec le gouvernement du roi et l'ambassadeur d'Espagne, la question des colonies espagnoles. Il s'agira de déterminer les points suivants :

4** Si l'Angleterre reconnaît l'indépendance des colonies espagnoles sans le consentement de S. M. C, la cour de. . . reconnaîtra-t-elle aussi cette indépendance ?

2^ Est-elle déterminée à faire cause commune avec la France, si la France se croyait obligée de prendre le parti de l'Espagne en refusant de reconnaître l'indépendance des colonies espagnoles reconnue par l'Angleterre.

3** La n'ayant point de colonie, se regarderait-elle comme

étrangère k la question, laissant la France et l'Angleterre prendre tel parti que ces puissances jugeraient convenable ?

4° Si le gouvernement espagnol refusait de s'arranger avec ses colonies, et s'obstinait à réclamer sur elles une puissance de droit sans avoir aucun moyen d'établir une puissance de fait, etc., la

cour de jugerait-elle qu'on peut passer outre, et que chaque

Etat serait libre d'agir selon ses intérêts particuliers relativement aux colonies espagnoles.

Vous voudrez bien, monsieur, donner connaissance de cette

dépêche au gouvernement de et solliciter la réponse la plus

décisive : il n'y a pas un moment à perdre, et il est à désirer que les conférences puissent s'ouvrir à Paris, au plus tard dans les premiers jours de décembre.

Ghateauhriand. 1

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