‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 34 sur 161 · Soucenirs... Récamier, t. II, p · texte numérisé non relu

Soucenirs... Récamier, t. II, p

un régicide ne peut guère me toucher. J'ai pourtant écrit à M. des Moustiers de mettre de l'indulgence et de la miséricorde diens ses démarches. Je ne puis faire plus. Vous le direz k M. Canning.

Nous sommes ici dans un grand combat pour la dissolution de la Chambre et le renouvellement intégral. Nos amis les Royalistes ont pris la chose de travers en haine de Villèle ; mais comme la mesure est bonne, nous ne reculerons pas, et le succès fera tomber tout ce bruit.

L'Espagne ne va pas trop bien : pourtant, à force de crier, nous obtenons quelque adoucissement aux décrets insensés de Ferdinand. Nous nous occupons surtout des colonies. Si nous pouvions réussir à faire traiter en commun cette grande affaire dans les conférences de Paris, ce serait un pas immense de fait, mais j'en doute. L'Espagne sera assez folle pour s'y refuser, et l'Angleterre ne voudra pas lier sa politique à celle du continent.

Je crains l'arrivée de Mgr le duc d'Angoulême et les nouveaux éléments de discorde qu'il peut jeter parmi les Royalistes. Si vous avez quelque moyen d'agir sur le Baron de Damas, maintenez-le dans des résolutions fermes et une résistance respectueuse à des nominations, à des mesures dangereuses.

Voilà tout à peu près pour le moment sur notre position. M. Canning continue à être plein de malveillance, mais de là à la guerre, il y a loin. J'ai parcouru vos comptes. Ils sont trop hauts, et il me sera impossible de justifier vos mémoires de cartes et jeux ? C'est une chose qui regarde l'ambassadeur et pas du tout l'ambassade. Prenez garde à cela. Nous sommes pauvres et vous êtes riche.

Bonjour, noble Prince, et tout à vous.

Chateaubriand. ^

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