Souvenirs... Récamier, t. II, p
1Si3 7 novembre 1823.
A Madame Récamier.
Paris, le 7 novembre 1823.
Vous avez passé les Alpes que je ne repasserai plus ; vous êtes dans le beau pays où j'étais l'année dernière à la même époque. Vous vous éloig-nez de vos amis. Ces amis ne sont plus jeunes ; le temps qu'ils perdent est irréparable. Vous avancez cette absence qui commence tôt et ne finit plus. Mais enfin vous l'ave/ voulu. Vous me direz, quand vous serez de retour, si vous avez vu l'Italie avec les mêmes yeux qu'autrefois ; si les ruines vous ont dit la même chose, et si le changement, qui est survenu en vous, ne s'est point étendu à ce qui vous aura environnée. Mais je ne veux point attrister votre voyage : avant tout, que vos peines ne vous viennent jamais de moi!
Je ne vous parle point de politique. Vous êtes trop heureuse de n'entendre parler ni de chambres, ni de ministères, ni de journaux ; tout cela vous reviendra assez dans votre cellule. Jouissez bien de votre liberté. Revenez le plus tôt possible. Je tâcherai de vivre jusqu'à votre retour. Je souffre cependant. ^
1314 10 novembre 1823.
Au prince de Polignac.
Paris, ce 10 novembre 1823.
Noble Prince, soyez tranquille, je vais faire passer aux différentes cours votre mémorandum corrigé. Il est encore temps de rectifier les inexactitudes.
Quanta Lady Gapel, son goût tout particulier pour s'allier avec