Congrès de Vérone : « Nous sommes entre
2. Publié par Chateaubriand dans le Congrès de Vérone. — Vérifié par nous sur l'original autographe, appartenant à la famille de Polignac.
3. Pailhès La duchesse de Duras, p. 243. — Collationné sur l'original autographe.
tomber à tes pieds. Oui ; viens au bord de la mor, où tu voudras, bien loin du monde. J'ai enfin saisi ce rêve de bonheur que j'ai tant poursuivi. C'est toi que j'ai adorée si longtemps, sans te connaître. Tu sauras toute ma vie ; tu verras ce qu'on ne saura qu'après moi [;j j'en ferai dépositaire celui qui doit nous survivre. Prends ici tout ce que j'y mets pour toi. Demain à deux heures j'irai te les (sic) redemander. Que le Ciel ne m'ôte pas mon bonheur ! A toi pour la vie !
Vendredi matin.
i%'J 12 septembre 1823.
12 septembre 1823.
Au moins cette lettre tombe dans un succès. Vos lettres et vos fleurs m'arrivaient ordinairement quand vous me croyiez bien battu. Je suis fâché que notre vieux [Tal.] - ne voye dans la prise de Cadix qu'une chose élégante : il y a le monde entier, et le bon enfant en sait plus que l'ancien ministre ; mais c'est là ce que son amour-propre n'avouera jamais ; ils m'accableront de mes succès littéraires, pour me contester ceux de ma politique. Mais je les tuerai par les faits, et la France, si on m'écoute, sera si glorieuse et si forte qu'elle portera plus haut que les petites envies et les ambitions trompées de mes ennemis.
Je ne sais si Mathieu crève de haine; je ne le crois pas ; moi, je l'honore, l'estime, et ne le crains point ! Au reste, ne croyez
1. Date ajoutée ici par la main de la destinatrice. — D'après l'original autographe. Collection de M™« Victor Egger. — Publiée incorrectement ainsi que toutes les autres lettres à M™« de Castellane par X.X.X. [l'abbé Pailhès] Faiblesses et confession de Chateaubriand d'après des documents inédits. [Annales Romantiques, 1907.)