‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 3 sur 161 · Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Congrès de Vérone

1^259 il septembre 1823.

Au prince de Polignac.

Paris, le 11 septembre 1823.

Depuis la brillante affaire du Trocadéro il n'est rien arrivé de nouveau. C'est le 8 ouïe 10 qu'on a dû attaquer l'île de Léon, ainsi nous ne pouvons recevoir aucune nouvelle importante avant le 17 au plus tôt, à moins que ce ne soit la capitulation même de Cadix, mais ils ne parleront pas de traiter avant une seconde attaque.

Du côté de l'Autriche voici un fait assez important que j'ai appris hier par M. de Caraman. L'Empereur de Russie en se rendant en Bessarabie a demandé un rendez-vous à l'Empereur d'Autriche. Le prince de Metternich prétend qu'il est fort embarrassé de cette proposition qui sera l'objet de beaucoup de commentaires ; mais en même temps il veut, dit-il,* en tirer parti pour faire peur à la Porte et pour l'engager à aplanir les différends qui permettraient à la Russie de renvoyer son ambassadeur à Çonstantinople. L'entrevue entre les deux Empereurs doit avoir lieu le 6 octobre à Czernow^iz. Gardez cela pour vous.- Je suppose que le prince de Metternich, malgré sa surprise, est au fond de ce tripotage. Quoi qu'il en soit, après la guerre d'Espagne, les affaires de l'Orient deviendront graves, et il faut s'y préparer. Je vais faire du train pour cela à Vienne, et demander pourquoi on s'occupe du Levant sans nous.

Quand M. Canning, ou le chargé d'affaires d'Autriche vous en parleront, vous exprimerez aussi votre étonnement, et vous ferez observer que quand nous introduisons nos alliés dans nos projets et notre politique, nous avons bien quelque droit à être traités avec la même confiance.

1. Ces deux mots, « dit-il », sont seulement dans le Congrès de Vérone,

2. Les six derniers mots supprimés dans le Congrès de Vérone.

Les cardinaux sont enfermés en conclave. Cela peut aller vite et ne pas laisser à nos cardinaux le temps d'arriver. Nous en sommes à une lutte entre ^ les noirs et les routes. Les noirs seraient plus sûrs pour nous comme principes, mais ils auraient quelques inconvénients par l'excès de leur zèle.

Tout à vous, noble Prince.

Chateaubriand. -

i%0 [12 septembre 1823.]

A la duchesse de Duras.

Vendredi matin.

Certainement « ma sœur et mon amie », et pour toujours, malgré^Cadix et le vent d'est. Cadix, j'espère beaucoup : la chose doit être assurée à présent, puisqu'on a dû attaquer Fîle de Léon du 8 au 10 [septembre] . Attendons donc quelques jours ; nous saurons 'cela du 15 au 17. Mais cette fortune, cette changeante fortune ! Vous ne sauriez croire combien je m'en méfie : Je voudrais bien n'avoir rien à faire avec elle. ^

j%1 12 septembre 1823.

A [la comtesse de Castellane].

Mon ange, ma vie, je ne sais quoi de plus encore, je t^aime avec toute la folie de mes premières années. Je redeviens pour toi le frère d'Amélie; j'oublie tout, depuis que tu m'as permis de

Page 1