Archives de Polignac
Correspondance de Chateaubriand, T. V. 12
ainsi. Allons, vous faites merveilles. Calmez toujours tant que vous pourrez les débats parlementaires.
Tout à vous, Noble Prince,
GlIATEALBRIAIND.
Il y a des exemples de femmes qui ont porté des correspondances ; témoin cette femme Chauvet'qui portait les lettres de Sauquaise-Souligné^ et qui a été mise dernièrement en cause dans le procès pour lequel on a condamné Sauquaise-Souligné à mort. ^
1S9i 9 mars 1824.
A Mme de Genlis.
Paris, le 9 mars 1824.
J'ai trop tardé, madame la Comtesse, à vous remercier de l'honneur que vous m'avez fait en me dédiant les Prisonniers. Désormais associé à votre gloire, si je me souciais beaucoup de l'avenir, j'ai quelque chance d'y parvenir à votre suite.
Agréez, Madame, je vous prie, avec ma reconnaissance, l'hommage de mon admiration et de mon respect.
Chateaubriand. ^
iS9^ 15 mars 1824.
Au prince de Polignac.
Pans, le 15 mars 1824. '
Votre conversation avec le Ministre américain. Noble Prince, est très intéressante ; pourvu que ce digne homme ne vous ait pas trompé, et ne soit pas au fond Tami de M. Canning. Je m'attendais à un petit mot de vous où vous m'auriez dit que vous aviez reçu mes réponses pour l'affaire des filles de Sir Robert
i. Archives de Polignac.
2. Original autographe. — Coll. Labouchère, Bibl. de Nantes, volume 665, pièce 37. — Rev. d'hisl. litt., 1889, p. 142-143.
Wilson, et pour les explications sur notre traité d'occupation ; mais puisque M. Makintosh a remis sa motion au 30, rien ne presse et tout est bien. Peut-être l'opposition a-t-elle désiré connaître le discours du Roi, notre maître, avant de commencer son attaque. Mais vous pouvez dire à M. Ganning qu'elle sera trompée, et qu'il n'y aura rien dans ce discours qui puisse donner prise à l'opposition, ni embarrasser le ministère anglais. Nous serons très paci/iqucs, et le mot de colonies espag-noles ne sera pas même employé ; nous dirons : V Amérique espagnole, et nous ne ferons que des vœux de prospérité pour elle.
Bonjour, Noble Prince, et tout à vous.
Chateaubriand. ^
iS9S 15 mars 1824.
A [la comtesse de Castellane].
Je ne veux pas vous laisser vous coucher sur une mauvaise pensée. Soyez sûre que tout ce qu'on a pu vous dire de cette Madame... est faux et vous pouvez être aussi sûre que je ne la re verrai de ma vie.
Quant à M. et M^® de Talaru, je suis en paix : le premier est bon, quoique faible ; la seconde est une vieille mégère qui ferait du mal si elle était moins ridicule, et d'ailleurs que m'importe?
Je n'ai pu aller voir votre belle mère, j'étais trop souffrant et trop fatigué du conseil qui n'a fini qu'à six heures. Demain à une heure, je serai chez vous. Bonne nuit et mille hommages.
Gh. X. 2 Lundi, 10 heures du soir.
[15 mars 1824.] 3