‹ Correspondance générale (volume 3)Chapitre 85 sur 161 · Le ministre américain à Londres · texte numérisé non relu

Le ministre américain à Londres

gouvernement du Roi. Nous ignorons encore le moment de son départ qui a été évidemment retardé. Au demeurant, la prétention de l'envoyé américain était entièrement sans fondement.

Agréez, Prince, la nouvelle assurance de ma haute considération.

Chateaubriand.

P. -S. — Vous ne m'avez jamais parlé de la mission du colonel Freemantle au Mexique. M. Reinhold, dans une conversation qu'il a eue avec le ministre du Roi à La Haye, lui a laissé entendre qu'il croyait qu'elle se rattachait à quelques propositions en faveur de l'Espagne. *

i395 lo mars 1824.

Au prince dePolignac.

[Très confidentielle.) Paris, 15 mars 182i.

Prince, des rapports qui nous paraissent assez dignes de foi nous annoncent que Sir William A'Gourt serait entré en négociation particulière avec le Gouvernement espagnol ; qu'il aurait fait connaître la prochaine arrivée à Londres de plusieurs commissaires des différentes colonies insurgées ; qu'il aurait demandé à l'Espagne d'y envoyer les siens, afin de pouvoir établir des communications à la suite desquelles on négocierait quelque arrangement entre les colonies et la métropole,

Je vous prie de faire tous vos efforts pour savoir si cette information est réellement fondée. Nous verrions certainement avec plaisir qu'on parvînt à terminer une question qui est encore fort compliquée ; et nous pensons qu'à cet égard tous les moyens praticables sont bons. Nous n'aurions donc aucune objection contre la négociation qui s'établirait entre les commissaires des colonies et les commissaires espagnols. Seulement, nous trouverions

1. Minute aux Affaires étrangères. Angleterre, 618, f^ 161. — Archives de la famille de Polignac.

mauvais qu'on en fît un mystère. Nous ne nous attendons pas à beaucoup de reconnaissance de la part de l'Espagne pour les services que nous lui avons rendus. Mais il y aurait, de sa part^ une véritable ingratitude à faire, sans notre participation, et sous l'influence du gouvernement qui lui montrait les dispositions les plus hostiles, un arrangement que, depuis longtemps, nous cherchons si franchement à faciliter.

Agréez, Prince, l'assurance de ma haute considération.

Chateaubriand. ^

i396 15 mars 1824.

Au prince de Polignac.

{Très confidentielle.) lo mars 1824.

Prince, je me hâte devons transmettre pour votre information et pour que vous puissiez en vérifier l'exactitude, un avis qui nous vient par l'Espagne. On assure que le Gouvernement Britannique négocie avec l'Empereur du Maroc l'acquisition d'une petite île, qu'on appelle Peregel, et qui est placée vis-à-vis de Ceuta. Cette île, que l'Angleterre ferait fortifier, deviendrait un point très important, puisqu'elle fermerait complètement le détroit de Gibraltar, et assurerait définitivement à cette puissance la domination de la Méditerranée.

M. de Hérédia a reçu cette information du Consul Espagnol à Gran. 11 en a fait part à M. le Duc de San Carlos, qui vient de me la communiquer. Je vous prie de faire, le plus secrètemment possible, les recherches nécessaires pour vous assurer d'un fait qui, s'il est vrai, doit exciter, non seulement notre sollicitude, mais celle de toute l'Europe.

Agréez, Prince, l'assurance de ma haute considération.

Chateaubriand. ^

1. Archives de Polignac. — Minute aux Affaires étrangères. Angleterre, 618, f° 163.

2. Archives de Polignac. — Minute aux Affaires étrangères. Angleterre, 618, f^ ir.6.

J397 16 mars 1824.

A Madame Récamier.

Paris, ce IG mars 1824.

Le temps s'écoule, et bientôt j'espère vous revoir. M. de Montmorency m'a dit hier que vous deviez vous mettre en route h la fin du mois de mai. Vous me retrouverez tel que vous m'avez laissé, et vous vous repentirez d'avoir quitté votre cellule.

Vous me dites qu'on peut toujours trouver un moment pour écrire. Gela est vrai, mais il n'y a pas toujours un courrier qui parte. J'ai une répugnance invincible pour la poste. Vous savez bien pourquoi, et l'incertitude des occasions, jointe à mon travail, vous explique l'irrégularité de ma correspondance.

Je ne vous parle pas de nos prospérités ; la politique ne vous importe guère. Les chambres vont s'ouvrir, et nous aurons, à une immense majorité, cette septennalité dont vous avez vu M. de Montmorency si inquiet. La session durera quatre mois, de sorte que je serai libre à votre arrivée en France. Vous ne sauriez, sans la plus cruelle injustice, douter de la joie que me causera votre retour.

Gomment est votre santé ? et celle de votre nièce ? *

i39S 16 mars 1824.

Au duc de Laval-Montmorency. ^

Paris, le 16 mars 1824.

Vous devez jouir, Monsieur le Duc, des succès et des prospérités de votre patrie. Jamais la France n'a été si glorieuse et si heureuse. Le parti révolutionnaire a complètement succombé aux

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