pure barré
2. Au-dessous, surchargé par de Barbarie, on lit : de pay» barbare. ■3. et je nai['l mots illisibles' [conservé] d espérance, mots barrés.
leurs vraies ou fausses, les propos plus ou moins inconsidérés. J'arrivois charmé du voyage que j'avois fait, plein d'envie derevoir mes pénates et d'embrasser mes amis; mais j'avoue quej'ai été glacé par les nouvelles ; loin de désirer maintenant deretrouver mes foyers, je tuDuve que j'avance trop vite, je prolonge exprès mon voyage, je vais courir dans les Pyrénées, et peut-être même rentrerai-je en Espagne par la Catalogne ou la Navarre. ^ Vous, Madame, vous serez- vous rangée au nombre de^ mes ennemis? Oh ! non, vous êtes trop bonne et trop indulgente^ N'est-il pas extraordinaire que, tandis que les étrangers mecomblent partout d'amitiés et de politesses, les gens qui prétendent m'aimer soient les seuls qui me fassent du mal? Il n'y a qu'un parti à prendre ; c'est de vivre dans la solitude, et de renoncer à des liaisons que j'ai eu la faiblesse de renouer, lorsqu'elles, étoient déjà rompues.
Vous avez vu sans doute le bon Joubert. C'est celui-là que je brûle d'embrasser. Je voudrois qu'il fût à Villeneuve, car j'irois. m'y ensevelir avec lui. Je lui ai écrit ; il de voit me répondre à Madrid, mais j'ai passé si rapidement cette ville, que ses lettres, y seront arrivées après moi. Si vous vouliez. Madame, me faire le plaisir de m'adresser un petit mot poste restante à Tours vous, me rendriez le plus heureux des hommes. Voilà ce que c'est que les voyageurs ; le papier leur manque plutôt que l'envie de bavarder. Excusez, Madame, le long grilFonage : il y a si longtemps, que je n'avois causé avec vous, que je ne puis me résoudre à vous quitter.
Mille tendres et respectueux hommages. -
1. ou la Navaiv^e, mots ajoutés d'une autre encre, mais par Ch.
2. Louis Thomas Lettres inédites de Chateaubriand dans le Afercure c/o- France de décembre 1903.
i60 25 juin 1807.
A M"'*^ de Staël.
Paris, ce 25 juin 1807.
Je n'avais pas attendu, dctir Lady, à recevoir de vous votre belle Italienne pour faire sa connaissance.
Je suis charmé comme tout le monde, et cette fois-ci il n'y a eu qu'une opinion. Il n'y a que votre Oswald que je n'aime point du tout ; mais je n'en dis rien, car c'est le héros de toutes les bonnes têtes et des esprits raisonnables, et pour l'amour de Tordre je dois me ranger du parti du mariage. Mais comment avez-vous donné le nom de ma sœur à votre bégueule de Lucile ? Tâchez dans la première édition de l'appeler Gertrude ou Gunégonde, or somc thing like that.
J'ai reconnu ma belle Italie. Oh I que ne puis-je y finir mes jours! Que je suis fatigué du pays que j'habite! Je voudrais n'avoir plus d'études que celle des ruines, et de conversations qu'avec les morts ! Il me faut cinq ou six ans pour finir mon petit volume ^ si je l'achève: je ne suis nullement pressé de publier, et je crois qu'un honnête homme peut fort bien désormais attendre la mort pour dire tout ce qu'il pense à l'abri d'un tombeau bien fermé d'une grosse pierre. Tout ceci, dear Lady, est fort triste, mais songez que je viens de voir Argos, Sparte, Athènes, Jérusalem, Memphis, Garthage, et que la vanité des choses humaines a dû vivement me frapper. Et puis je suis un peu dans le monde comme l'enfant de Lucrèce :
Ut sœvis projectus ab undin
Navita, nudns hiimi, jacet in fans, indigus omni Vital auxilio.
Il faut pourtant se consoler, et c'est l'amitié d'une femme telle i. L'Itinéraire de Paris à Jérusalem, qui parut en mars 1811 .
([ue vous qui est le grand remède de la vie. Adieu, ma chère madame, vivez heureuse, faites de beaux ouvrages, et ne murmurez pas contre la solitude. Je voudrais bien avoir un bon château au bord du lac de Genève, cela vaut bien une maison dans le faubourg Saint-Honoré à Paris.
A Madame de Staël, au château de Coppet, par Genève. '
/6V 28 juillet 1808.
A Mademoiselle de Las Cases.
Val de Loup, ce 28 juillet 1808.
Je n'ai passé à Paris que quelques instans, et j'ai été désolé de ne pouvoir aller voir M^*' et M''*' de Las Cases. Je ne sais ce que c'est que l'histoire de l'artiste que j'ai eu le malheur d'affliger. Je n'ai jamais l'intention d'affliger personne. Mais cela doit être une chose de l'autre monde, puisqu'il j a un an que j'ai cessé de parler au public. Les derniers mots que je lui ai dits ont eu une trop grande influence sur ma position, pour qu'un étranger puisse aller déterrer quelque grief ignoré, dans une affaire qui a attiré tout l'orage sur moi. Dans tous les cas M"® de Las Cases a mille fois gagné sa cause. Je conviens que j'ai eu tort, sans savoir de quoi il s'agit. Je m'avoue félon, ignorant, et bavard, mais toujours le très humble serviteur de M"« et de M**^ de Las Cases.
DE Chat.
Je pars pour Méréville, et je vais y faire un assez long séjour ; si Mesdames de Las Cases quittent Paris avant que j'aie l'honneur