Alexandre de Laborde
de moi, comme une véritable pie, d'un bout à l'autre du manuscrit ; j'ai rétabli le passage que vous regrettiez. Vous me devinez ou je vous devine. Vos lettres me font grand plaisir, et je vous le prouve par mes réponses. Je vous écris comme à une véritable sœur, sans réserve, et tout ce qui me vient au bout de ma plume. Bonjour, chère sœur, je retourne à Y Itinéraire. Je suis à présent au moment de quitter l'Attique, assis au cap Sunium, par une nuit superbe. J'aimerais être assis auprès de ma sœur, à la petite table à thé, avec mes deux petites compagnes ^. Gomment se portent-elles ? Et M. de Duras?-
W6 27 [septembre 1812].
A la duchesse de Duras.
27, dimanche.
Que ma sœur est bonne et aimable ! Je l'aime tous les jours davantage. Elle entre si bien dans mes peines et dans mes plaisirs ! Elle me parle une langue que j'entends si bien ! Je suis réellement bien triste à présent, et depuis un mois ou deux, je tourne tout à fait aux idées noires. Je n'ai pas de sujet positif de chagrin, mais l'incertitude de mon avenir me trouble et je voudrais, s'il était possible, sortir de cette position, qui ne m'assure jamais de lendemain. Ensuite, je vois, avec une vive inquiétude, l'abandon où je serai dans quelques années. Je suis sans famille et sans aucun de ces attachements communs qui remplissent au moins les jours. Aussitôt que Vltinéraire sera imprimé, il faudra bien que je vienne à ma résolution.
Sans doute, je nai point mis dans /'Itinéraire ce que Je ne