Bardoux La duchesse de Duras, j
Correspondance de Chateaubriand. T. I. 18
'213 [Fin janvier 1813.]
A la duchesse de Duras.
On m'a bien rappelé ; mais les choses ne sont point changées et ne changeront plus. J'ai rendu tout ce que je possédais, et il ne me reste pas une trace de ce qui a fait une partie du bonheur et des peines de ma vie. Je crois que j'en serai plus heureux, quoique peut-être un peu plus triste ; mais le temps va vite, et il m'emportera avec toutes mes futilités et toutes mes folies. Je vois beaucoup vos deux amies VAdrienne et la grande dame^; elles me parlent de vous et prétendent que je vous aime uni- ([uement. Qu'en j)ensez-vous ? Elles viennent aussi chez madame (le Chateaubriand. Je vous assure que l'yUr/en/ze est une petite personne aussi drôle et aussi gentille qu'on puisse trouver. Du reste, je m'ennuie à la mort, et je n'ai plus qu'à retourner k ma vallée. Vous ne pouvez pas vous faire d'idée de la nullité, de la bassesse et de la boue de Paris ! Bonjour, bien-aimée sœur ! -
'214 fl813J
A la duchesse de Duras.
Je cherche surtout le repos dans la vie. Les jeunes matelots aiment les vents et la tempête, mais les vieux esclaves qui ont ramé longtemps comme moi^ dans une galère, connaissent le prix du beau temps. Je veux que ma sœur ne me gronde plus. ^