‹ Correspondance généraleChapitre 133 sur 181 · Bardoux La duchesse de Duras, p · texte numérisé non relu

Bardoux La duchesse de Duras, p

A Frisell.

Mon bon ami, voilà la pauvre tragédie remise à quand? C'est dommage, car la Muse était descendue ; n'importe, j'aurai toujours trois actes complets et corrigés à porter à Paris. Savez-vous ce qui suspend ma verve? Je suis nommé juré! à la prochaine session de la Cour d'assises ! Quel changement ! Au lieu de faire mourir mon héroïne, je vais condamner à mort quelque voleur de grand chemin ou envoyer à la Salpêtrière de pauvres diablesses qui le méritent moins qu'Aryane . La conclusion de tout cela est que vous m'arrêtiez un logement sur-le-champ ou, au plus tard, pour le 30 ; f entre en fonctions le 2 ; vous savez que mon prix •est de 150 à 200 francs. Hors l'hôtel du Congrès, tous les hôtels nous seront bons autour de vous. Quand vous aurez vu un logement, vous m'écrirez, et ma femme ira le voir; pour moi, je veux m'ensevelir ici ces derniers huit jours et travailler comme un nègre; ce dérangement vient mal à propos, et il n'y a pas moyen -de l'éviter, il y a amende et prison,

A vous toujours.

Chateaubriand. *

"^02 20 janvier 1813.

A la duchesse de Duras.

Mille choses me tracassent, m'affligent, me découragent. Pour vous en citer une entre mille, hier j'ai reçu un congé en forme et je l'ai accepté, car enfin, il y a un terme à tout ; je ne sais si je serai rappelé ; mais ce qu'il y a de certain, c'est que j'en ai par-dessus la tête. ^

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