Bardoux La duchesse de Duras, p
2. La date de cette lettre est la seule indication qui nous soit fournie par la fiche du catalogue d'autographes qui nous fut communiquée par M.Charavay.
C'est bien dommage, chère sœur, qu'il faille abandonner cette belle entreprise pour aller mourir en Russie. Je ne sais que vous dire de notre petite société. Je n'entends plus parler de personne, si ce n'est de quelques créanciers qui me donnent de temps en temps signe de vie. C'est toujours cela. On passe très bien une heure ou deux avec cela, comme avec la torture. Tâchez, chère sœur, de sortir un peu de votre silence pour me dire que vous êtes heureuse. '
^'23 [Fin de 1813.]
A la duchesse de Duras.
Chère sœur, voyez si je vous aime ! Je manque ce matin une grande chasse pour vous écrire. Cette nuit, j'ai lu quelque chose de votre MûUer- ; je n'en suis pas fou. Cette signature Conseiller de Sa Majesté le roi de Westphalie gâte tout. Je ne saurai vous dire combien j'ai été heureux de vous revoir. Mon attachement pour vous augmente tous les jours. Je suis, comme je vous Tai dit, le plus stérile des hommes, dans l'expression de mes sentiments. Je n'ai qu'une formule et quand j'ai dit: Je vous aime, j'ai tout dit. Cela fait des lettres si courtes que j'en ai honte. Pour les allonger, il faudrait vous parler de moi, et ne connaissez- vous pas ce pauvre moi? Bonjour, chère sœur. "^