‹ Correspondance généraleChapitre 145 sur 181 · Bardoux La duchesse de Duras^ p · texte numérisé non relu

Bardoux La duchesse de Duras^ p

3. Analysée ainsi par Bardoux dans La duchesse de Duras, p. 172.

des projets de course, je suis resté dans mon trou. Au fait, je ne sais trop ce qui me plaît et ce que je veux. J'ai cependant un grand plaisir, c'est de m'enfermer dans ma vieille France et oublier la nouvelle, excepté vous et quelques personnes rares. Tant que je bouquine, cela va bien ; mais quand je cesse de lire et de griffonner, malheur à moi ! Je ne sais rien de ce bas monde ; sans journal, sans correspondance, j'oublie et je suis oublié . Pourtant voici quelque chose : Le haut de ma tour est devenu une chapelle ; on l'a bénie ce matin et on y a dit la messe sous l'invocation de la Vierge de Nazareth et de saint François. Deux pieuses cousines de madame de Chateaubriand ont assisté à la cérémonie. Gela a un petit air de château et d'établissement assez agréable, si avec moi on pouvait compter sur quelque chose. Que voulezvous? Je suis mal fait. Si j'ai une bosse, comment puis-je m'en débarrasser? Ne suffît-il pas, après tout, que je vous aime autant que je puis aimer? Je crois que c'est beaucoup. ^

'2S'2 Janvier 1815.

A la duchesse de Duras.

Ma sœur est quelquefois inconcevable. J'aime beaucoup Y Ad rien ne \]di\m.e bien madame de Bérenger; j'ai aimé passionnément madame de Mouchy, mais ma sœur n'a-t-elle pas une place tout à part, où elle règne sans trouble et sans rivale? Au reste, je suis bien aise qu'elle rende justice kVAdrienne^ je m'y suis attaché, comme à une découverte; c'est une personne méconnue et que les sots de ce bas monde n'ont pas eu l'esprit de trouver. La mort de madame de Vaudemont m'a affecté vivement. Il faut, chère sœur, se rapprocher davantage, à mesure que les rangs s'éclaircissent. Bientôt, il ne restera plus que nous et nous n'aurons pas de successeur. -

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