Fraser op. cit., p
2^ Bardoux La duchesse de Duras, p. 184.
'244 17 août 1815.
Au Ministre de la Justice.
Monseigneur,
Tous les collèges d'arrondissements du département du Loiret ont fini leurs opérations. Les choix ont été excellents, même à Montargis, où il y avait quelque chose à craindre. M. Miron del'Espinay, président du collège de l'arrondissement d'Orléans,, part à la tête d'une députation de ce collège pour aller mettre aux. pieds du roi l'hommage de sa fidélité. Voua verrez, Monseigneur,, dans les rapports de M. le préfet que M. Miron a été nommé candidat, et vous savez, comme ministre de la justice, à quel point ce courageux magistrat était digne de réunir les suffrages de ses concitoyens. Il m'a prié de lui donner une lettre pour vous, afin d'obtenir plus vite une audience de Sa Majesté ; il n'a pas besoirt d'être recommandé, et son nom seul lui suffit ; mais je n'ai pas. pu lui refuser cette lettre, et je serais charmé qu'elle contribuât b Jui faire obtenir ce qu'il désire. Ce pays-là est si dévoué au roi, sî sincèrement attaché aux intérêts de la Couronne, qu'on ne saurait lui donner trop de marques de faveur et lui témoigner trop de bienveillance. Je suis persuadé que les choix du département seront également honorables et que j'aurai le bonheur de présenter à Sa Majesté quatre députés prêts à donner leur vie pour sa gloire et pour son service.
Veuillez, Monseigneur, agréer l'assurance de mon sincère attachement et du respect avec lequel je suis de votre excellence,
Le très humble et très obéissant serviteur.
Le ministre d^ Etat ^ président du collège électoral du département du Loiret.
Vicomte de Chateaubriand.
1. La signature seule est autographe. — Arch. Nat., autographe n9 188. M. Louis de Loménie avait publié quelques lignes de cette lettre dans son étude sur Trois Années de la vie de Chateaubriand, p. 85.
— 29") — 2^5 21 août [1815].
A la duchesse de Duras .
Lundi, 21 août. — Orléans.
Je vous écris encore un petit mot, chère sœur, parce que demain 22, j'entre en fonctions, et je ne serai plus libre. Nous réussirons à faire de bons choix ; tout le monde accourt et des vieillards de quatre-vingts ans sortent de leur village pour donner leurs voix. Donnez-moi votre avis sur mon discours et dites-moi franchement, comme à l'archevêque de Grenade, si mon homélie sent un peu le radotage d'un esprit baissé. J'ai changé ce que vous vouliez.
Je me suis attendri aussi sur Labédoyère, mais quand je songe à son malheureux cousin, mort obscurément comme un espion, massacré sans que personne pensât à lui, et sans que les bonapartistes fissent sur lui les réflexions touchantes que vous faites, et quand je vois Labédoyère, plaint d'une ennemie telle que vous, je vous avoue que je m'en veux de ma pitié.
Voilà la pairie héréditaire ; ceci rend le titre de pair vraiment beau et désirable ; mais cela ne me regarde pas. Omnis moriar. Il est vrai qu'il semble que je pourrais adopter un neveu. Chère sœur, je vous aime tendrement. ^
ne ^ [Août 1815.]
A la duchesse de Duras.
Avant de quitter Orléans, Chateaubriand adresse à la duchesse de Duras une nouvelle invitation à agir auprès de M. de Talleyrand, tout-puissant en ce moment sur l'esprit de Louis XVllI; après avoir prêché à madame de Duras plus de modération « sur sa