Née Adélaïde Louise Zéphirine de Damas
regrette de ne pouvoir vous l'envoyer puisque vous le désirez . Mais dans tous les cas, Madame, l'échange que vous me proposiez eût été tout à votre désavantage ; l'article du Mercure ne valant pas l'ouvrage de Monsieur le comte de Ghastellux ; du moins je pourrai garder votre beau présent en sûreté de conscience.
Veuillez, Madame la Comtesse, remercier pour moi Monsieur le comte de Ghastellux, agréer Thommage de mon respect et
l'olTrir à Madame la comtesse de Damas.
Chateaubriand. *
27/ [19 mars 1817.]
A la duchesse de Duras.
Mercredi.
Ne m'attendez pas, chère sœur. Je suis en pleine verve. Je ne suis pas sorti hier ; je m'enferme aujourd'hui. Le discours de Bonald m'a piqué d'honneur. Il faut paraître avec lui sur le champ de bataille. Il ne s'agit pas ici d'un discours d'affaires mais d'un discours politique et religieux. Je nage en grande eau. Je serai après tout à vous. -
[Au verso, près de V adresse) : Ce billet était écrit avant d'avoir reçu le vôtre. ^
1. Archives de Ghastellux. Communication de M. le comte de Chastelluoc.
2. Le discours dont parle ici Chateaubriand a été prononcé à la Chambre des Pairs dans la séance du 21 mars 1817; on y remarque les phrases suivantes : a Comme l'a remarqué mon respectable ami, M. de Bonald, dans un discours qui restera... » — « Vous trouverez tout simple, messieurs, le ton religieux de ce discours.. . »
3. Pailhès La duchesse de Duras, p. 132. — CoUationné par nous sur l'original autographe.
'n^ 25 mars 1817.
A M. de Colmont.
J'ai l'honneur d'envoyer à Monsieur de Colmont ma dernière opinion et la précédente qu'il a paru désirer. Je le prie d'agréer tous mes compliments.
DE GriATEAUBRIAND.
Ce mardi, 25 mars 1817.»
'21S [26 mars 1817.]
A la duchesse de Duras.
C'est moi qui suis fâché contre vous, de n'avoir pas voulu attendre quelques heures pour savoir ce que devenait le discours. Je n'ai pas pu vous répondre à ce que vous demandiez, puisque je n'ai parlé que samedi. Au reste le Roi même a loué. Ainsi, nous voilà en paix. 11 ne reste plus qu'à vendre la Vallée : Le prospectus paraîtra samedi. Je vous verrai à trois heures. Ce matin je sors pour la fin du mois. C'est toujours pour moi un moment fâcheux. 2
^74 [Avril 1817.] 3
A la duchesse de Duras.
Dimanche.
Voilà, chère sœur, la notice de mes livres : un auteur qui vend ses livres est comme un marchand qui vend son fond de boutique :
1. Bibl. publique de Rouen, collection Duputel, n" 122. — Original autographe. — Giraud Bévue d'hist. littér., 1901, p. 670, et Chateaubriand Études littéraires, p. 262.
2. Pailhès La duchesse de Duras..., p. 132. — Collationné par nous sur l'original autographe.
3. La date de cette lettre est donnée par la date de la vente qui eut lieu le 29 avril et jours suivants.
lout cela est pour la plus grande gloire du Roi très chrétien. Je w'ai point été vous voir aujourd'hui pour vous laisser reposer «de votre voyage au Salon. '
^75 20 avril 1817.
A l'abbé Serres.
Paris, ce 20 avril 1817.
Il y a bien longtemps, Monsieur l'abbé, que j'aurais dû vous remercier de votre beau présent. Vous avez fait une bonne <cuvre en réimprimant un mauvais ouvrage mais dont les intentions au moins étaient dignes de l'intérêt des honnêtes gens. J'apprends par notre ami Glausel^ qu'il vous reste un assez bon «ombre d'exemplaires; nous verrons à arranger cela, aussitôt que mes affaires me seront un peu mieux connues. Veuillez, Monsieur l'abbé, agréer mes remercîments, toutes mes excuses. Pardonnez-moi un silence que rien né pourrait justifier, si je n'avais pas «té constamment sur le champ de bataille depuis la fatale époque <lu o septembre. -^ Croyez que je suis reconnaissant comme un chrétien et comme un ultra ; continuez vos bontés eiiam cum,
DE Chateaubriand.
A Monsieur Monsieur Vabhé Serres
à Sainte-Afrique. Aveyron. ^
1. Pailhès L.1 (/«c/iesse c/e Duras..., p. 133. — Collationné par nous sur l'original autographe.
2. M. Giraud n'est pas très sûr d'avoir bien lu le nom. Mais nous pensons «vcc lui qu'il est infiniment probable qu'il s'agit ici de (^lausel de Cous- •sergues, l'un des plus vieux amis de Chateaubriand.
3. L'ordonnance royale du 5 septemb^-e 1816 qui dissolvait la Chambre de
4. Victor Giraud Lettres inédites de Chateaubriand [Revue de Frihourf/, septembre-octobre 1902) et Chateaubriand. Études littéraires, p. 203.
'276 23 avril 1817.
A la duchesse de Duras.
Ce mercredi 23 avril 1817.
M. de Blacasest arrivé : revenez, s'il vous est possible, à Paris. Je ne puis rien faire sans vous. ^
^77 ler mai 1817.
A l'abbé de Bonnevie.
Paris, 1^"^ mai 1817.
« Je n'ai aucun projet fixe. Je vends le peu de choses que j'ai parce q\ie j' ai contracté des dettes en allant à Gand... Je ne me flatte pas d'être aussi utile à la cause du Roi que vous me faites, l'honneur de le croire ; ce qu'il y a de sûr, c'est que partout où je serai je ne l'abandonnerai jamais... » ^
'278 [5 mai 1817.]
A la duchesse de Duras.
Lundi.
La bibliothèque est vendue : ^ Je ne puis aller déjeuner, parce que j'attends l'argent. J'ai aussi la permission de mettre la Vallée en loterie; ainsi me voilà bien dépouillé : Gomme Job, je suis venu au monde, nu; et je m'en irai nu.
Aussitôt que mon homme sera venu, je partirai pour Varennes- Street. '^
1. Pailhès La duchesse de Duras, p. 143. — Collationné par nous sur l'orig. authentique.
2. Fiche d'un catalogue d'autographes, communiquée par M. Charavay.