‹ Correspondance généraleChapitre 156 sur 181 · Pailhès La duchesse de Duras et Chateaubriand, p · texte numérisé non relu

Pailhès La duchesse de Duras et Chateaubriand, p

3. Fiche d'un catalogue d'autographes, communiquée par M. Charavey,

monsieur le duc, espérer de votre indulgence que vous voudrez bien lui rendre vos bontés. La personne du roi est respectée dans la brochure. Veuillez, Monsieur le Maréchal, oublier ce qui ne regarde que moi. *

Au comte Decazes.

Paris le 18 septembre 1816.

Monsieur le Comte

J'ai été chez vous pour vous témoigner ma surprise. J'ai trouvé à midi chez M. le Normant, mon libraire, des hommes qui m'ont dit être envoyés par vous pour saisir mon nouvel ouvrage intitulé : De la monarchie selon la Charte.

Ne voyant pas d'ordre écrit, j'ai déclaré que je ne souffrirais par l'enlèvement de ma propriété, à moins que des gens d'armes ne la saisissent de force. Des gens d'armes sont arrivés, et j'ai ordonné à mon libraire de laisser enlever l'ouvrage.

Cet acte de déférence à l'autorité. Monsieur le Comte, n'a pas pu me laisser oublier ce que je devais à ma dignité de pair. Si j'avais pu n'apercevoir que mon intérêt personnel, je n'aurais fait aucune démarche ; mais les droits de la pensée étant compromis, j'ai dû protester, et j'ai l'honneur de vous adresser copie de ma protestation. Je réclame, à titre de justice, mon ouvrage ; et ma franchise doit ajouter que, si je ne l'obtiens pas, j'emploierai tous les moyens que les lois politiques et civiles mettent en mon pouvoir.

J'ai l'honneur d'être, etc.

V^® DE Chateaubriand. -

1. Lettre autographe publiée en partie dans un catalogue Cliaravay et par Biré (Mémoires d'Outre- Tombe, t. III, p. 508).

2. Guizot Mémoires, I, 4i:{. — Mémoires d' Outre-Tombe. Appendices de l'édition Biré, IV, 479.

'259 19 septembre 181 G. i

Au chancelier Dambray.

Monsieur le Chancelier

J'ai l'honneur de vous envoyer copie de la protestation que j'ai faite et de la lettre que je viens d'écrire à M. le ministre de la police.

N'est-il pas étrange, monsieur le chancelier, qu'on enlève en plein jour, à main armée, malgré mes protestations, l'ouvrage d'un pair de France, signé de son nom, imprimé publiquement à Paris, comme on aurait enlevé un écrit séditieux et clandestin, le Nain-Jaune ouïe Nain-Tricolore 2 Outre ce que Ton devait à ma prérogative comme pair de France, j'ose dire, Monsieur le chancelier, que je méritais personnellement un peu plus d'égards. Si mon ouvrage était coupable, il fallait me traduire devant les tribunaux compétents: j'aurais répondu.

J'ai protesté pour l'honneur de la pairie, et je suis déterminé k suivre cette affaire avec la dernière rigueur. Je réclame. Monsieur le chancelier, votre appui comme président de la Chambre des pairs, et votre autorité comme chef de la justice.

Je suis avec un profond respect, etc.

Vicomte de Chateauhufand. '^

1. Guizot écrit 18 septembre, mais les catalogues crautographes donnent 19 et Guizot lui-même place cette lettre après celle du lOaucomte Decazes.

2. Guizot Mémoires, I, 448. — Mémoires d'Outrc-Tombe, IV, 480.

%0 19 septembre 1816.

Au comte Decazes.

Paris, ce 19 septembre 1816.

Monsieur le Comte.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 18 de ce mois. Elle ne répond point k la mienne du même jour.

Vous me parlez d'écrits clandestinement publiés (à la face du soleil, avec mon nom et mes titres). Vous parlez de révolte et de rébellion, et il n'y a eu ni révolte ni rébellion. Vous dites qu'on a crié : Vive le Roi ! Ce cri n'est pas encore compris dans la loi des cris séditieux, à moins que la police n'en ait ordonné autrement que les Chambres. Au reste, tout cela s'éclaircira en temps et lieu. On n'affectera plus de confondre la cause du libraire et la mienne ; nous saurons si, dans un gouvernement libre, un ordre delà police, que je n'ai pas même vu, est une loi pour un pair de France ; nous saurons si l'on n'a pas violé envers moi tous les droits qui me sont garantis par la Charte, et comme citoyen et comme pair. Nous saurons, par les lois mêmes que vous avez l'extrême bonté de me citer (il est vrai avec un peu d'inexactitude), si je n'ai pas le droit de publier mes opinions ; nous saurons enfin si la France doit être gouvernée par la police ou par la Constitution.

Quant à mon respect et à mon dévouement pour le Roi, Monsieur le Comte, je ne puis recevoir de leçon et je pourrais servir d'exemple. Quant à ma dignité de pair, je la ferai respecter aussi bien que ma dignité d'homme ; et je savais parfaitement, avant que vous prissiez la peine de m'en instruire, qu'elle ne sera jamais compromise par vous ni par qui que ce soit. Je vous ai demandé la restitution de mon ouvrage : puis-je espérer qu'il me sera rendu ? Voilà dans ce moment toute la question.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Comte, votre très humble et très obéissant serviteur.

Le vicomte de Chateaubriand. *

t^^/ Septembre 1816.

A la duchesse de Duras.

« Ce qui m'encourage, c'est que si j'ai eu quelque influence sur les "destinées de Bonaparte, je puis espérer quelque succès contre ses valets. Les pygmées ne doivent pas être plus difficiles à renverser que le géant. D'ailleurs, ma destinée est de combattre. »

Et il cite le vers de Corneille :

Faites votre devoir et laissez faire aux dieux ! ^

"26^ 22 septembre [1816].

A la duchesse de Duras.

Dimanche, 22 septembre.

Oui, je serai exact. J'ai été malade hier au soir, ce n'est pas une mauvaise raison.

A la duchesse de Duras.

Je suis honteux de vous envoyer la Monarchie brodée de mon éloge. Mais c'est l'éditeur qui me l'a donnée ainsi vêtue, et je n'ai

1. Guizot 3/emotre.s, I, 447. — Mémoires d' Outre-Tombe^ t. IV, 480. i. Publiée ainsi par Bardoux La duchesse de DuraSy p. 195. Correspondance de Chateaubriand, T. I. 20

que celle-là. Plaidez bien ma cause et n'allez pas au salon avec le D[uc] de R[ichelieu]. ^

'264 17 octobre 1816.

Au vicomte de Rivarol.

Paris ce 17 octobre 1816.

Je vous remercie, monsieur le Vicomte, de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 8 de ce mois. Je vousaurais^ certainement répondu plus tôt, si j'avais des mornents à moi ; jesuis même obligé d'emprunter la main d'un secrétaire pour vous, répondre. Vous avez beaucoup souffert, monsieur le Vicomte^ pour la cause du Roi, et vous n'êtes pas récompensé : c'est la règle ; mais nous autres vieux fidèles, nous crierons toujours. Vive le Roi ! et grâces à Dieu sur ce point nous sommes incorrigibles. Agréez, monsieur le Vicomte, l'assurance de mon entierdévoûment.

LE v*^^ DE Chateaubriand.

A Monsieur

Monsieur le vicomte de Rivarol, Maréchal de Camp rue Gaillon, n^ 6 Paris. -

4. Pailhès La duchesse de Duras, p. 132. — Collationné par nous sur- Toriginal autographe.

2 , Bibliothèque Léon Alègre, à Bagnols-sur-Cèze, ms. 23, dossier Rivarol^ copie de M'"'' Garidel-Alègre. — Louis Thomas Le^/res méc/j7es cTe Château-^ briand [Mercure de France, juin 1904).

'265 Paris, 20 octobre 1816.

A M. de Fréville.

Il n'ose se flatter que son dernier ouvrage aura produit le bon effet dont il veut bien l'entretenir... « Je suis persuadé que la charte pourrait nous sauver si l'exécution en était confiée à des mains pures ; mais vous savez, monsieur le Comte, combien nous sommes bêtes, nous autres royalistes ! Il n'y a pas moyen de se servir de nous. » ^

^66 Paris, 28 octobre 1816.

Au Procureur général.

Au sujet de sa brochure : De la monarchie selon la charte. ^

'267 31 octobre 1810.

Au Chancelier.

Paris, 31 octobre 1816.

Relative à des poursuites dirigées par M. Bellart, procureur général: « Si l'intention de M. Bellart est de traduire mon ouvrage au tribunal de première instance, je déclare, Monsieur le Chancelier, que j'appellerai M. le Procureur Général à la Chambre des Pairs. Si au contraire, on me rend paisiblement mon ouvrage, de mon côté, je me désisterai de toutes poursuites, malgré mes justes sujets de plaintes. » ^

1. Fiche d'un catalogue d'autographesL, communiquée par M. Charavay.

2. Fiche d'un catalogue d'autographes, communiquée par M. Charavay.

3. Fiche d'un catalogue d'autographes, communiquée par M. Charavay.

S68 9 [décembre 1816.]

A là duchesse de Duras.

Ce lundi 9.

Voilà la proposition. ^ Elle a passé sans accident. L'édition ee matin est épuisée . Demain nous en aurons une autre tirée à dix mille.

Vous étiez encore sortie hier, lorsque je suis allé chez vous. Ce matin j'ai été arrêté par les soins de la Librairie. ^

S69 [1816 ou 1817. J

A la duchesse de Duras.

(( Quand je rêvais Vellédadans cette vallée, ou que je faisais parler Bianca, ces personnes-là, quoique très peu raisonnables, m'occupaient tout autrement que M. T... ou l'abbé L... », et il répète que l'ambition est chez lui chose étrangère ; qu'il se croit tout aussi capable que les gens qu'il voit à la besogne, de conduire les affaires de la France ; mais que son goût naturel n'est pas là ; que, s'il était seul et libre dans la vie, on le verrait bientôt secouer la poussière de ses pieds et dire adieu aux affaires. "^

970 21 janvier 1817.

A la Comtesse de Chastellux. ^

21 janvier i 817.

Je n'ai point, Madame la Comtesse, le Mercure où se trouve le 'morceau que vous me faites l'honneur de me demander. Je

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