‹ Correspondance généraleChapitre 167 sur 181 · Sans doute des terrosqui rapportaient à cette époque · texte numérisé non relu

Sans doute des terrosqui rapportaient à cette époque

m'intéresse par ceque dans le moment vous avez tout vendu. Par ce moyen je me tirerai d'embaras et je n'aurai pas le chag-rin de vous exposer, car quoique ce jeune homme soit riche, j'ignore la position de ses affaires. Je sais seulement qu'il n'a pas vingt cinq ans, qu'il a des dettes, qu'il est joueur, et que M"* son père vit et mange aussi de son côté je vous prierai d'insister et de repeter beaucoup combien vous êtes fâché de ne pouvoir pas rendre ce service.

Adieu mon cher Monsieur, voilà une bien longue lettre, mais j'avais tant de choses a vous dire et d'ailleurs désirant être clair j'ai mieux aimé courir les risques de vous ennuyer un peu, que de n'être pas entendu. J'ai cherché pour ceque vous m'aviez parlé de l'encyclopédie il ny a pas d'autres éditions plus nouvelles que la dernière par ordre de matière .

Au reste nous avons du bruit ici depuis hier au sujet du dernier décret sur la vante des biens du clergé. Le peuple a voulu hier se jetter sur le vicomte de Mirabeau et sur l'abbé Maury au sortir de l'assemblée et sans la garde nationale qui c'est fort bien conduite il seroit arrivé des accidents funestes. Le décret ne fut pas porté hier, c'est aujourd'hui qu'il doit avoir lieu et, a 9 heures du soir que je vous écrit cecy, je ne sais pas encore ce qui a élé décrété.

Je vous embrasse, réponse.

^« 15 avril 1790.

A M. Piochon.

Paris 15 avril 1790.

Monsieur je reçois votre lettre datée du 10 avril ou vous m'annonce que vos deux dernières balles sont dans le prix de douze cent livres et contiennent 48 ^^^^^ de bas. je me décide a

les prendre et en conséquence je les ai porté dans mon compte que je viens de faire passer a M'' de la Morandais a Lausanne, vous les ferez passer a mon adresse comme je vous l'ai donné a M'' le Gh'^*" de Chateaubriand a l'hôtel Marigni a fougères, et vous voudrez bien me donner votre lettre d'avis sur le champs a la même adresse. Je vous repète donc encore Monsieur crainte d'erreur, que je prends les deux balles du prix de 1200 livres et que je vous prie de faire partir sur le champs a mon adresse en bretagne. je suis parfaitement Monsieur votre très humble et obéissant serviteur.

Le Gh''^'' de Ghateaubriand

Vous ferez partir ces deux balles par roullier n'en étant pas bien pressé, votre lettre d'avis a fougères s'il vous plaît,

a Monsieur Monsieur Piochon négociant de bas de fil faux bourg St Jaques

a Angers Anjou

gf 30 avril 1790.

A M. Piochon.

30 avril 1790. hôtel Marigni a fougères en bretagne

J'ai trouvé. Monsieur, en arrivant ici une balle d'Angers a mon adresse sans lettre d'avis de votre part, je n'ai point voullu la défaire avant de savoir de vous si elle contient les deux balles que je vous ai demandé par ma dernière lettre de paris, je vous marquais que je me décidais a prendre les deux balles qui vous restaient dans le prix de 1200 livres et qu'ainsi vous pourriez les faire parvenir a mon adresse a fougères et je les

avais portée en conséquence dans mes comptes que j'ai fait parvenir a M^" de la Morandais a Lausanne, apparemment Monsieur que vous aurez réunies les deux balles dans une et que le compte y est exactement. Mais je ne toucherai cependant a rien que vous ne m'ayez répondu la dessus, et en cas que vous n'auriez envoyez effectivement qu'une balle dans le prix de 600 livres je vous prie de me faire passer la dernière du même prix, puisque je l'ai compris dans mes comptes avec M"* de la Morandais. Répondez moi sur le champs sil vous plait Monsieur et tirez moi d'inquiétude, je suis parfaitement Monsieur

votre très humble et obéissant serviteur Le Cu'^^ de Chateaubriand

Je n'ai point encore reçu de réponse de M*" de la Morandais dites moi s'il vous plait s'il est toujours a Lausanne?

[P]iochon fabriquant \fau\bourg St Jaques [A]nqers

Anjou.

'2ë 7 mai 1790.

A M. Piochon.

fougères 7 mai 1790

J'ai reçu Monsieur et votre lettre d avis et les deux balles de bas. Ainsi vous pouvez regarder ma lettre précédente datée de fougères comme non avenue je n'ai besoin de rien pour le moment

et suis Monsieur très parfaitement votre très humble et très obéissant serviteur.

Le Gh'*'*' de Chateaubriand

a Monsieur Monsieur piochon fabriquant de bas de fil faux bourg Si Jacques a Angers Anjou

t' [Fougères, 15 juillet 1790. ]i

A M. de la Morandais.

Quand votre lettre datée d'Alançon m'est arrivée, j'étois absent et je mè hâte a mon retour de vous écrire a Rennes. Tout autre lieu que cette ville me convient parfaitement pour avoir le plaisir de vous voir ainsi vous pouvez m'indiquer tel lieu que vous voudrez j'irai. Si vous n'avez pas d'endroits iixes et que le premier venu vous soit indifférent en vous promenant venez a S*^ Aubin -^ qui est sur la route de Rennes a fougères je m y rendrai de mon côté et là nous terminerons nos affaires, il faut surtout me marquer le jour fixe et qu'aucun incidents soit de [pleige].^^ Je ne puis nous arrêter par ceque vous sentez combien il serait désagréable pour moi et pour vous d'avoir fait un voyage inutile. Au reste encore j'irai vous trouver sur votre lettre partout ou

\. Cette date se trouve sur la lettre de récriture même de M. de la Morandais.

2. St Aubin du Cormier. Dans le canton se trouvait le château de Lascardais appartenant à sa sœur de Chateaubourg {Mémoires, t. I,p. 257).

3. C'est du moins ce que le marquis des Granges de Sui^ères a cru lire, sans bien comprendre ce mot.

vous le voudrez exceptée Rennes ou je jurai de ne pas mettre les pies.

Adieu je suis avec un sincère attachement votre serviteur.

Le Gh'*^^ de Chateaubriand

à Monsieur Monsieur de la Morandais Vaine, chez M^ Dastin p^ au oarlement rue de Toulouse a Rennes

brétagne

^ [21 septembre 1790. J^

A M. de la Morandais,

à Rennes le et en

" d'Angers, vous me dites de a'ous faire pas[ser] les bil-

lets pour le \ ®'', le 1 ®^ de quel mois ? étoit-ce du mois de septembre ? mais co mment auriez vous voulu que m'écrivant le 30 août je vous eusse envoyé par la poste les billets pour le 1" septembre ? vous voyez que cela n'étoit pas possible il y a donc quelque erreur la dessous que je ne comprends point. Ecrivez moi donc de manière sure et précise a fin que je vous fasse passer les billets et surtout observez de mettre une distance raisonnable entre la lettre que vous m'écrirez et l'envoi que vous exigerez, parce qu'il faut le temps au poste de se rendre et que d'ailleurs je peux me trouver absent à l'arrivée de votre missive.

Adieu, je vous embrasse et vous souhaite une bonne santé.

Le Gh'^'' de Ghateaubriand.

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