‹ Correspondance généraleChapitre 181 sur 181 · Téodor de Wyzewa Loc . ci7 . , p · texte numérisé non relu

Téodor de Wyzewa Loc . ci7 . , p

2. Collection de Madame Victor Egger. Original autographe. Le début de la lettre manque : on voit que le papier a été coupé. A gauche de la signature une main inconnue a écrit à l'encre rouge: a : a [384] *-/. 7.

*. Oxx38\

pour moi mais les idées de travers vont leurs chemins, il n*y a rien à espérer. On vient de nommer une commission du budget, et pour l'année prochaine et Garnier est nommé de cette commission ! N'est-ce pas vouloir continuer la guerre, ils la veulent, nous la ferons. Je pars ce soir même pour la Vallée où je vais travailler à mes considérations j j'espère qu'elles seront sous presse dans quinze jours.

Comment se porte l'autre malade, dites-lui mille tendresses de moi. Vous êtes deux singulières personnes. Malgré tous vos défauts, vous valez mieux que tout ce que j'ai rencontré dans ma vie, qui est au reste entièrement à vous. A quand voyageronsnous...? Quand fuirons-nous tout ceci. Ne m'oubliez pas auprès de la princesse Clara.

Your poor l)rother Francis. '

^5'2^ l*'' juin 1816.

Vous grondez chère Sœur, et à l'heure qu'il est vous avez deux lettres de moi, une de Paris et une de la Vallée, j'y suis encore dans cette Vallée et savez-vous avec qui, avec Félicité. Qu'est-ce que c'est que Félicité ? Ah devinez, une personne charmante que vous connaissez, j'y suis seul avec elle. M*''' de Gh. n'y est point, c'est un tête à tête délicieux, depuis six jours entiers. Félicité a d'ailleurs des talents rares et qui se perfectionnent tous les jours dans la soUitude. Je vois bien que vous ne devinez pas. Vous rappelez vous d'avoir eu pour lille de cuisine M"*^ Félicité ? Eh bien c'est elle qu'on m'a donné comme cuisinière femme de chambre, et nous ferons bon ménage, et j'attache au moins mes yeux sur

\, Publiée très incomplètement par nous, p. 299, d'après Bardoux La duclipsse do Diirna, p. 192. — (^oinj)létèe d'après l'original autographe. — Archives du château do Maucreux.

quelqu'un qui a vécu sous votre toit. Vous ne sauriez croire combien cela me rend heureux.

Hélas les voilà passés les jours de bonheur, ma nièce vient d'accoucher d'une fille, il faut aller la baptiser je pars demain matin, et porterai à la poste de Paris cette lettre que j'écris ce soir à la Vallée.

J'espère venir mardi, si Dieu le permet, je n'ai pas fait grand chose parce que mes arbres me tournent la tête. Je serai peut être plus en train la semaine prochaine. Je meurs d'envie d'apprendre que les [ J vous ont émerveillées.

Ne soyez donc plus injuste. Songez que je vous aime plus que si f avais besoin de vous.

Mille choses à pauvre Mouche, je lui ai écrit.

Val de Loup.

l^rjuinlSie.^

S53^ 2 juillet 1816.

A la duchesse de Duras.

Le 2 Juillet 1816.

Vous êtes bien bonne, chère Sœur, de vous occuper des autres. La Veuve [Quintal] sera bien heureuse, mais c'est de vous qu'il faut parler. Votre lettre un peu moins triste me donne quelque espérance que les eaux finissent par vous faire du bien. Je maudis le temps qui continue à être déplorable. Toujours de la pluie, cela doit gâter beaucoup les eaux.

Vous allez voir Madame. Nous, nous rentrons ici dans la plus profonde sollitude. Les fêtes sont finies. Tout ce qui restait encore à Paris s'en va, mais après le temps de repos nous rentrons dans

i. D'après Toriginal autographe. — Archives du château de Maucreux.

les orages. Le mois d'Octobre approche. Les chambres reviendront, je ne vois pas que Ton prenne ici un système propre à ramener l'union. On laissera le temps s'écouler avec cette légèreté et cette insouciance qui nous caractérisent et puis quand on se verra près du dénouement on prendra quekjue résolution précipitée qui aura les plus graves inconvénients. Je continue toujours mon travail. J'espère faire un ouvrage utile ; j'aurais bien voulu qu'on m'en eut épargné la fayon, mais puisqu'on ne veut rien écouter il faut encore faire un dernier elfort pour avertir la France du danger. Ce qui m'encourage un peu. c'est que si j'ai eu quelque influence sur les destinées de Bonaparte, je puis espérer quelque succès contre des valets. Les pygmées ne doivent pas être plus difficiles à renverser que le géant ; d'ailleurs ma destinée est de combattre. Faites votre devoir et laissez faire aux Dieux.

Quand quitterez vous les eaux? quand nous revenez vous? Je meurs d'envie de vous revoir.

Cette pauvre Mouche, voila comme elle est pourtant.

Le 2 juillet 1816.^

262* 27 septembre 1816.

Au prince de Polignac.

J'aurois voulu dès hier au soir dire à Monsieur de Polignac combien je suis touché des marques de son amitié. Je suis rentré trop tard. J'avois eu recours dans le premier moment à notre ami commun : faut il vous en demander pardon ? Je n'ai pas besoin dans le moment de vos billets. Je les garderai pourtant pour reconnoitre votre noble obligeance : mais vous savez que j'aurois désiré une caution que vous pouvez me procurer, vous mettrez ma conscience et ma délicatesse à l'aise.

1. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

Croyez que je vous suis désormais attaché et dévoué pour la vie.

DE GhATEAUBIAND.

27 septembre 1816.

263^ 28 septembre 1816.

« Au Marquis de Beauharnais. -

Monsieur le Marquis, Je suis extrêmement touché de votre honorable suffrage. L'estime des gens de bien est une chose si douce qu'on ne peut jamais la payer trop chère. Ma famille m'a donné l'exemple des sacrifices que tout bon français doit faire à son Roi. Je serai aussi hdèle, dussé-je n'être pas plus heureux que mon frère. J'ai l'honneur d'être avec une haute considération,

Monsieur le Marquis,

Votre très humble et très obéissant serviteur, Le V^^ de Chateaubriand.

Ce 28 7bre 1816.

A Monsieur le Marquis

de Beauharnais, rué de la

Ville VEvêque, /i« 40 à Paris. -^

1 . Original autographe. — Archives du château de Saint-Jean du Cardonnay.

2. François, marquis de Beauharnais (1756-1823), l'oncle du Prince Eugène.

3. Collection de Madame Victor Egger. — La signature seule est autographe. — La suscription : A Monsieur le Marquis, etc., est sur la même page que la lettre, sous la date.

^269^ 2 janvier 1817.

À M. de La Salle.

Monsieur, J'ai reçu avec reconnaissance la lettre que vous m'avez fait rhonneur de m' écrire, mais elle me fait craindre que vous soyiez du nombre de ces préfets dont j'ai prédit la destitution. Ce que vous m'apprenez, Monsieur, ne m'étonne pas : j'ai affaire à des gens habiles; et dans cette corporation sacrée on rencontre depuis le filou jusqu'à l'assassin. J'espère que vous vous serez procuré un exemplaire exact : je vous en enverrois un moi-même avec le plus grand plaisir, mais il seroit arrêté à la poste.

Agréez je vous prie l'assurance de la considération distinguée et de l'entier dévouement avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur,

le V'« DE GlIATEAURRIAND.

Paris, le 2 janvier 1817.

A Monsieur

Monsieur de Lasalle Préfet

du dép^ de la Haute-Marne

à Chaumont. ^

1. Cette lettre, dont seule la suscription n'est pas de la main de Chateaubriand, nous a été communiquée par M. Alphonse Willems, de Bruxelles. L'original se trouve encastré dans un exemplaire de luxe d'Atala René (Paris, Lefèvre, 1830), provenant de la vente Fossé-Darcosse (1840).

m i«' mai 1817.

A [l'abbé de Bonnevie] .

Je n'ai, Monsieur, aucun projet fixe. Je vends le peu de chose que j'ai parce que j'ai contracté des dettes en allant à Gand, et qu'un honnête homme doit payer ses dettes.

Quand cela sera fait, je verrai. Je vous remercie bien sincèrement, Monsieur, de l'intérêt que vous prenez à ma position. Je ne me flatte pas d'être aussi utile à la cause du Roi que vous me faites l'honneur de le croire; mais ce qu'il y de sûr, c'est que partout où je serai, je ne l'abandonnerai jamais.

Agréez, Monsieur, je vous prie, l'assurance de la considération distingué avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur.

DE Chateaubriand.

Paris le l^»" mai 1817. ^

1. Marquis de Granges de Surgères Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand y p. 30. — Nous avons donné, p. 312, un extrait de cette lettre d'après un catalogue d'autographes.

Page 1