Var. 1804: de T imprimer
2. Cette phrase n'a jamais été reproduite. Elle fixe l'apparition d'Atala au 3 avril 1801.
ni militaire. Il demande à restera Paris pour y continuer les études qui l'occupent depuis six mois. Il prie le Ministre de la Police de vouloir bien l'autoriser à y demeurer sous la surveillance de la municipalité. Il espère de la justice des Consuls que sa radiation sera bientôt prononcée.
François- Auguste Chateaubriand Ce i^' Floréal an IX. *
i8 [Duo au 8 mai 1801.]
Au général Bonaparte.
Pétition présentée au général Buonaparte^ premier consul de la République française.
François- Auguste Chateaubriand, frère du petit-fils de Guillaume Lamoignon de Malesherbes et élève de cet illustre vieillard, est sorti de France dans les premières années de la Révolution pour faire des voyages de découvertes dans l'Amérique septentrionale.
Revenu en France en 1792, avec des plans pour le gouvernement ;
Obligé de se cacher et ensuite de fuir après l'emprisonnement et le massacre de presque toute sa famille en 1793 ;
Errant depuis ce temps dans l'étranger, où il a continué ses études sur l'histoire naturelle, il n'a point porté les armes contre la France ;
Il n'a jamais été en réclamation ni comme chouan, ni comme émigré ;
1. Archives Nationales F7 5618, — Pierre de Vaissière Chateaubriand et son retour de V émigration [Revue des Etudes Historiques, septembreoctobre 1901).
Se trouve inscrit en masse avec tous les individus de son nom sur la liste des émigrés ;
Ces individus sont plus nombreux sur la liste qu'ils n'ont jamais été en réalité ;
Quelques-uns même sont morts publiquement en France, tel que Jean-Baptiste Chateaubriand, frère du pétitionnaire, guillotiné avec sa femme, sa belle-mère M'"® de Rosambo et son grandpère Guillaume Lamoignon de Malsherbes ;
François-Auguste Chateaubriand n'ayant jamais rien possédé en fonds de terre, n'a rien à démêler avec les acquéreurs de biens nationaux ;
Marianne de Marigny, sa sœur, a sauvé la vie à six cents hommes de l'armée républicaine, lors de la guerre de Vendée ;
François- Auguste Chateaubriand, prouvant ainsi qu'il ne peut être compris dans le cas d'émigration proprement dite, demande de la justice du Premier consul d'être considéré comme homme de lettres fugitif pendant la Terreur ; qu'en conséquence les décrets des diverses assemblées favorables aux gens de lettres lui soient appliqués et qu'il soit rayé définitivement de la liste des émigrés.
François- Auguste Chateaubriand. *
A un journaliste.
Lettre d'envoi d'Atala. Il le remercie de l'extrait qu'il se propose de publier et compte sur son indulgence : « Je la sollicite toute entière, pour un pauvre banni... Excusez, si je ne signe pas, je suis encore assez malheureux pour être étranger en
1. Archives Nationales F7 5618. — La même pièce a été envoyée deux autres fois, fin mai et fin juin de la môme année. — Pierre de Vaissiéro op. cit.
2. Catalogue Eug. Charavaydu 20 février 1890, n« 71. Une page in-4».
W [28 mai 1801.]
A Madame de Staël.
Paris, 8 prairial.
J^ai été malade, mon excellente amie, et je n'ai pu vous écrire plus tôt. Il s'est passé bien des choses depuis votre départ. On dit que vous avez répété de prétendus propos, que j'ai dû tenir sur M. de Lafayette. En conséquence, je suis un scélérat, un fanatique, etc., etc. // ne faut pas que je sois j^ayé. Je me suis présenté chez le ministre.^ Le ministre m'a renvoyé au secrétaire. Je suis à Paris et je pars ce soir pour aller m'ensevelir à la campagne 2, d'où je ne sortirai plus. Mes affaires deviendront ce qu'elles pourront, mais je suis déterminé à ne plus m'en mêler.
Je prévois mon sort. J'irai mourir sur une terre étrangère. 11 y a tant et de si beaux talens en France ! Le mien n'y fera pas un grand vide.
Vous, madame, vous êtes heureuse. Vous avez le rare bonheur de trouver dans un père un homme de génie. Profitez du temps et surtout de la solitude. Vous avez trop vécu dans le monde ; réparez ce tort. Vous êtes dans l'âge des beaux ouvrages, parce qu'on a devant soi des espérances, et qu'on a déjà beaucoup de souvenirs. Pour moi, j'ai fait divorce avec les premières, et je vis assez mal avec les derniers. Je ne suis plus bon à rien qu'à aimer mes amis, si j'en ai. Ce passe-temps est assez doux et j'en ferai désormais l'occupation de ma vie. God bless y ou. Je salue tendrement ma bonne amie.
Francis .
Je vous avais promis d'écrire à M. Necker. Mais que lui diraisje, puisque je suis prisonnier dans Paris, et que je ne sortirai de France que pour un exil éternel ?