‹ Correspondance généraleChapitre 21 sur 181 · A Savigny-sur-Orge, chez M™^ de Beaumont · texte numérisé non relu

A Savigny-sur-Orge, chez M™^ de Beaumont

Voilà que j'allais oublier mon Auguste ! * Dites-lui que les lionceaux et moi, nous nous souvenons toujours de lui.

A Madame de Staël, à Coppet par Genève.'^

3i [16 juin 1801.]

A Madame de Staël.

27 prairial.

Je suis très touché, madame, de l'explication dans laquelle vous avez bien voulu entrer. Cela n'en valait pas la peine. Je prendrai seulement la liberté de remarquer que l'épithète de scélérat, sur laquelle vous m'aviez défendu, est non seulement expliquée dans ma préface, mais qu'elle n'est pas même employée dans le sens politique dans Touvrage. Ce n'est qu'une apostrophe ironique, que je fais aux Américains. 11 suffit de lire le passage pour se convaincre de la vérité du fait. Loin de vouloir dire une injure, il est certain que j'ai fait un éloge. Et voilà, madame, comment on cite et comment on calomnie. Maisje devrais peu m'étonner de cela.

Rien de nouveau dans cette grande ville où je suis pour solliciter mon affaire, dont je ne me soucie plus. ^ Au reste, la satire de M. Ghénier vient de paraître.^

On pourrait peut-être trouver qu'elle manque un peu de verve et de gaieté, et qu'elle est composée de réminiscences de Voltaire,

1. Auguste de Staël, fils aîné de M™*^ de Staël. M. Gautier pense qu'il s'agit de trois lionceaux, nés à la ménagerie du Muséum et dont Tout-Paris s'occupait à cette époque [Journal de Paris, 2 nivôse an IX).

2. Archives de Broglie. — Paul Gautier Chateaubriand et Madame de Staël {Revue des Deux Mondes, !«'" octobre 1903, p. 641.) Cet article est la traduction de la thèse latine de M. Paul Gautier : Qua familiariiate Chateaubriand exsilio regressus cum M"^^ de Staël ab anno MDCCC ad annum MDCCCVI vixerit. Angers, Burdin, 1902, à laquelle nous ne renverrons pas le lecteur.

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