‹ Correspondance généraleChapitre 73 sur 181 · Mercure : « Je me rappelais · texte numérisé non relu

Mercure : « Je me rappelais

4. Mercure : « par le successeur d'Adrien, les Barbares... » ■5. Monuments de la villa.

<6. Mercure : « Bientôt le siècle des arts... »

la cascade; mais le loisirme manque. Je regrette^ de [ne pouvoir vous peindre cette cascade "^ célébrée par Horace ; j'étais là dans vos domaines, vous l'héritier de VA^fiXv.a des Grecs ou du simplex monditiis^du chantre de V Art poétique ; mais je l'ai vue danj* une saison si triste '% et je n'étaispas moi-même fort gai. Je vous dirai plus, j'ai été importuné du bruit des eaux, de ce bruit qui m^atant de fois charmé dans les forêts américaines. Je me souviens encore du plaisir que j'éprouvais lorsque, la nuit, au milieu du désert, mon bûcher à demi éteint, mon guide dormant, mes. chevaux paissant à quelque distance, j'écoutais la mélodie des. eaux et des vents dans la profondeur des bois.-^ Ces murmures,, tantôt plus forts, tantôt plus faibles, croissant et décroissant à chaque instant, me faisaient tressaillir ; chaque arbre <^ était pour moi une lyre ^ harmonieuse, dont les vents tiraient d'ineffables, accords.

Aujourd'hui je m'aperçois que je suis beaucoup moins sensibleà ces charmes de la nature ; je doute que la cataracte ^ de Niagara me causât la môme admiration qu'autrefois . Quand on est trèsjeune, la nature muette parle beaucoup ; il y a surabondance dans l'homme ^ ; tout son avenir est devant lui (si mon Aristarque veut me passer cette expression); il espère communiquer ^o ses sensations au monde, et il se nourrit de mille chimères. Mais, dans un âge avancé 1', lorsque la perspective que nous avions devant nous, passe derrière, que nous sommes détrompés sur une foule d'illu-

i. Mercure : « mais le temps me manque. Je regrette encore... »

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