‹ Correspondance généraleChapitre 72 sur 181 · Mercure : « sur ces · texte numérisé non relu

Mercure : « sur ces

-de Tarchitecture rornement de leur beauté passée. Les salles •diverses et les sommités des ruines ressemblaient à des corbeilles 'et à des bouquets de verdure : le vent agitait ^ les guirlandes humides, et toutes les plantes s'inclinaient sous la pluie du ciel.

Pendant que je contemplais ce tableau-, mille idées confuses se pressaient dans mon esprit : tantôt j'admirais, tantôt je détestais la grandeur romaine ; tantôt je pensais aux vertus, tantôt aux vices "de ce propriétaire du monde, qui avait voulu rassembler une image de son empire dans son jardin. Je rappelais '^ les événements qui avaient renversé cette villa superbe; je la voyais dépouillée de ses plus beaux ornements par le successeur d'Adrien; je voyais ies Barbares * y passer comme un tourbillon, s'y cantonner quelquefois, et, pour se défendre dans ces mêmes monuments qu'ils vivaient à moitié détruits, couronner l'ordre grec et toscan du créneau gothique : enfin, des religieux chrétiens, ramenant la civilisation dans ces lieux, plantaient la vigne et conduisaient la chaï- Tue dans le temple des Stoïciens et les salles de V Académie. ^ Le siècle des arts" renaissait, et de nouveaux souverains achevaient de bouleverser ce qui restait encore des ruines de ces palais, pour y trouver quelques chefs-d'œuvre des arts. A ces diverses pensées se mêlait une voix intérieure qui me répétait ce qu'on a -cent fois écrit sur la vanité des choses humaines. Il y a même double vanité dans les monuments de la villa Adriana ; ils n'étaient , -comme on sait, que les imitations d'autres monuments répandus •dans les provinces de l'empire romain : le véritable temple de Sérapisà Alexandrie, la véritable Académie à Athènes, n'existent plus ; vous ne voyez donc dans les copies d'Adrien que des ruines de ruines.

Il faudrait maintenant, mon cher ami, vous décrire le temple •de la Sibylle, à Tivoli, et l'élégant temple de Vesta, suspendu sur

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