Mercure : « on lui inclina la tête sui* la poitrine
2. La personne pour laquelle avait été composée d'avance l'épitaphe que je rapportais ici, n'a pas fait mentir longtemps le hic sita est ;elle est allée rejoindre le comte Alfieri. Rien n'est triste comme de relire, vers la fin de ses jours, ce que l'on a écrit dans sa jeunesse ; tout ce qui était au présent, quand on tenait la plume, se trouve au passé : on parlait de vivants, et il n'y a plus que des morts. L'homme qui vieillit en cheminant dans la vie se retourne pour regarder derrière lui ses compagnons de voyage, et ils ont disparu !I1 est resté seul sur une route déserte. (xVo^ec^eC/ia^eawÂrianrf. 1827.)
3. Mercure : u du comte Alfieri à Florence, les notes les plus curieuses... »
4. Le Mercure imprime A L F. par erreur. On sait qu'il s'agit de la comtesse d'Albany.
5. Sic inscribendum, nie, ut opinorelopto, prœrnorienle : scd aliter jubenl DeOy aliter inscribendum :
Qui. juxta. eam. sarcophago. une Conditus. erit. quamprimum.
6. « Ici repose Uéloïse E. St., comtesse d'Al., illustre par ses aïeux,
La simplicité de cette épitaphe, et surtout la note qui l'accompagne, me semblent extrêmement touchantes.
Pour cette fois, j'ai fini ; je vous envoie ce monceau de ruines, faites-en tout ce qu'il vous plaira. Dans la description des diversobjets dont je vous ai parïé, je crois n'avoir rien omis de remarquable, si ce n'est que le Tibre est toujours le flavus Tiberinus de Virgile. On prétend qu'il doit cette couleur limoneuse aux pluies qui tombent dans les montagnes dont il descend. Souvent, par le temps le plus serein, en regardant couler ses flots décolorés, je me suis représenté une vie commencée au milieu des orages : le reste de son cours passe en vain sous un ciel pur ; le fleuve demeure teint des eaux de la tempête qui l'ont troublé dans sa source. ^
i04 [19 janvier 1804.]
A Talleyrand.
Citoyen Ministre,
Son Eminence M. le Cardinal Fesch m'a transmis l'arrêté du Premier Consul qui me nomme chargé d'affaires de la République^ française près la République du Valais.
Votre Excellence ne m 'ayant fait passer aucune instruction
<( célèbre par les grâces de sa personne, par les agréments de son esprit, « et par la candeur incomparable de son âme. Inhumée près de Victor « Alfieri, dans un même tombeau * ; il la préféra pendant vingt-six ans à « toutes les choses de la terre. Mortelle, elle fut constamment suivie et (( honorée par lui comme si elle eût été une divinité.
(( Née à Mons ; elle vécut et mourut le »
1. Cette lettre a été reproduite en appendice au tome IV de la quatrième édition du Génie du Christianisme (Lyon, Ballanche, 1804). Elle fut ensuite reprise dans le Voyage en Italie [Œuvres complètes).
* Ainsi j'ai écrit, pensant, désirant mourir le premier ; mais s'il plaît à Dieu d'en ordonner autrement, il faudra autrement écrire : Inhumée par la volonlé de Victor Alfieri qui sera bientôt enseveli près d'elle dans un même tombeau.
^vec cet arrêté, je vais me rendre à Paris pour y prendre les ordres du Gouvernement.
J'ai l'honneur de saluer respectueusement votre Excellence.
DE Chateaubriand.
Home palais Lancelotti.
28 nivôse an XII.
Le C" Chateaubriand^ chargé d'affaires
de la République française près la République du Valais^ au ministre des Relations Extérieures, *
105 [25 février 1804.]
A Talleyrand.
Qtoyen Ministre Je me suis présenté hier chez vous pour avoir l'honneur de vous rendre mes devoirs, à mon arrivée à Paris. Auriez- vous l'extrême bonté de m'indiquer le moment où je serois assez heureux pour obtenir une audience de votre Excellence et le jour où elle voudra bien me présenter au Premier Consul.
J'ai l'honneur de saluer bien respectueusement Votre Excellence.
Chateaubriand.
6 Ventôse an XII.
rue de Beaune, hôtel de France.
Le Citoyen Chateaubriand^ chargé d'affaires de
la République française près la République du Valais, à son Excellence
Le Ministre des Relations Extérieures. ^
1. Archives du Ministère des Affaires étrangères. Valais. Dossier 7, folio