‹ Correspondance généraleChapitre 91 sur 181 · Ghédieu de Robe thon op. ct7., p · texte numérisé non relu

Ghédieu de Robe thon op. ct7., p

iW i^^août 1804.

A Madame de Custine.

Je vois qu'il est impossible que nous nous entendions jamais par lettre. Je ne me rappelais plus pour quel objet je vous avais demandé un service ; mais, si c'est pour celui que vous faites entendre, jamais, je crois, preuve plus noble de l'idée que j'avais de votre caractère n'a été donnée ; et c'est une grande pitié que vous ayez pu la prendre dans un sens si opposé ; je m'étais trompé.

Au reste, pour finir tout cela, j irai vous voir; mais mon voyage se trouve forcément retardé. Je ne puis avoir fini mes affaires au plus tôt à Paris que le 12 du mois ; je partirai donc de Paris de lundi prochain en huit, je serai une autre huitaine à errer chez mes parents de Normandie, de sorte que j'arriverai à Fervacques du 20 au 30 août. Vous sentez que je vous donnerai des faits plus certains sur ma marche avant ce temps-là.

Ce que nous avons recueilli de tout ceci, c'est que les langues de certaines gens sont détestables, qu'il ne faut pas s'y fier un moment, et que notre grand tort est d'avoir eu quelque confiance dans leur amitié. De ma vie, au reste, je n'aurais été pris au piège où vous vous êtes laissé prendre ; car de ma vie je ne confierai à personne l'affaire d un autre, et surtout quand il sera question de certains services ; mais ensevelissons tout cela dans un profond oubli, dénouons sans bruit avec les gens dont nous avons à nous plaindre, sans leur témoigner ni humeur ni soupçon. Heureusement que leurs mauvais propos sont arrivés dans un temps où l'opinion m'est très favorable, de sorte qu'ils sont morts en naissant. C'est à nous à ne pas les réveiller par nos imprudences. Je n'ai pas dit mot à personne de ce que je vous avais écrit et j'espère que vous, de votre côté, vous avez gardé le silence.

Adieu ; j'ai encore bien de la peine à vous dire quelques mots aimables, mais ce n'est pas faute d'envie.

Savez-vous que j'ai vu votre frère et votre mère? Celui-ci a trop d'esprit pour moi.

Je vous conjure de pousser ratfaire de mon ami. Je ne sais où demeure le ministre, mais il est trop connu pour que ses lettres se soient égarées. Mais prenez garde à présent, il faut que vos lettres soient adressées particulièrement à F... * et non pas au ministre, car alors vos lettres seraient simplement ouvertes par les commis de la police, comme une affaire du bureau.

A Madame de Custine, au château de Fervacques, par Lisieux. -

i^i 13 août 1804.

 Madame de Custine.

Je n'ai que le temps de vous dire que je pars à l'instant pour la Normandie, et que je serai chez vous en huit ou dix jours à compter de la date de cette lettre. Je vous écrirai sur les chemins. Mille bonjours. N'oubliez pas F. . .. ^

Paris, le 13 août 1804.

A Madame de Custine^ au château de Fervaques^ par Lisieux^ Calvados. ^

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