Chédieude Robethon op. cit., p
'l'2'2 15 août 1804.
A GhênedoUé.
Mantes, 15 Août 1804.
Je m'approcjie de vous et je sors enfin du silence, mon cher GhênedoUé. Je n'ai osé vous écrire de peur de vous compromettre pendant tout ce qui m'est arrivé.^ Que j'ai de choses à vous dire! Quel plaisir j'aurai à vous embrasser si vous voulez ou si vous pouvez faire le petit vojag-e que je vous propose ! Je vais passer quelques jours chez M™*' de Custine, au château de Fervaques, près Lisieux, et vous voyez par la date de ma lettre queje suis déjà sur la route. J y serai d'aujourd'hui en huit, c'està-dire le 22 août. La dame du logis vous recevra avec plaisir, ou, si vous ne vouliez pas aller chez elle, nous pourrions nous voir à Lisieux. Ecrivez-moi donc au château de Fervaques, par Lisieux, département du Calvados. Vous ne devez pas être à plus de quinze ou vingt lieues. Tâchons de nous voir pour causer encore une fois, avant de mourir, de notre amitii et de nos chagrins. Je vous embrasse les larmes aux yeux. Joubert a été bien malade et n'a pu répondre à une lettre que vous lui écriviez. Tout ce qui reste de la petite société s'occupe sans cesse de vous. M"^^ de Gaud est très mal, ^
1M V . V, 1^ août 1804.
A Madame de Custine.
Mantes, 15 août.
Me voilà à Mantes, c'est-à-dire à quinze lieaes plus près de vous. Je serai à Fervaques lundi prochain. Trouvez- vous mauvais que j y aie donné rendez-vous à un de nos voisins, mon ami intime,
1. A propos de sa démission après la suppression du duc d'Engliien.
2. Sainte-Beuve Chénedollé dans Chateaubriand et son groupe, t. Il, p. 223»
M. de Chênedollé, avec qui j'ai affaire ? C'est un homme d'esprit, poète, etc. Vous voyez que voilà un horrible démenti à vos prophéties. Ah ! mon Dieu, quand voudrez-vous me croire et quand aurez-vous le sens commun ! J'aime à vous aimer ; c'est Madame deSévigné qui dit cela.
A Madame de Custine, au château de Fervaques^ parLisieux^ Calûados. ^
i'ii \t^ août 1804.1^
A Madame de Custine.
Lisieux, huit heures et demie du soir.
Le courrier est passé il y a une heure... La diligence ne part <jue demain à onze heures. Je m'ennuie déjà si loin de vous, et je pars en poste pour Paris. J'y serai demain à midi. Plus je m'éloigne de vous, plus je me rapproche ; je me dépêche donc <rarriver. Mille bénédictions. Salut à la bonne dame de Gauvigny. J'embrasse Chênedollé. Le chapitre de Lisieux est en grande 4*umeur pour la calotte du défunt.
A Madame de Custine^ au château de Fervaques, à Fervaques. '^
l.Chédieu de Robethon op. cil.^ p. 97.
2. Voir dans Chédicu de Robethon op. cit., p. 100 el 101, les motifsq^ui |)ortent à dater ainsi cette lettre.