Chédleu de RobeUion op. cit., p
iS3 1^'' novembre [180i].
A Madame de Gustine.
Quel radotiige que le petit griffon écrit en me renvoyant une lettre d'une sœur bretonne qui veut venir voir le couronnement ! J'espère qu'on a reçu de Paris un grilîon tout autrement aimable. Tkchez donc de quitter votre retraite. Le temps approche de la réunion . Je ne puis pas écrire plus long- et plus longtems.
Villeneuve-sur- Yonne l'^'" novembre.
A Madame de Custine, au château de Fervar/ues^ par Lisieux, Calvados, '
i3i 9 novembre 1804.
A Madame de Gustine.
Je suis certainement désolé d'avoir manqué Ghênedollé, et je ferai tout ce qu'il est possible défaire pour passer quelques jours avec lui ; mais aussi vous me persécutez trop. Puis-je faire plus que je n'ai fait ? J'ai été deux fois vous voir contre tout sens commun; j'ai resté avec vous aussi longtems et plus longtems que je ne le pouvais; je vous assure que je suis fâché de vos plaintes très inju.stes. Je ne sais plus comment faire pour vous être agréable en quelque chose . Tachez de voir que vous n'avez pas la raison de votre côté, et sachez-moi un peu de bien de mes voyages, que, je vous le proteste, je n'aurais pas faits pour d'autres que pour vous.
Mais parlons de choses plus agréables. Dites à Ghênedollé que je l'attends cet hyver, au mois de janvier, qu'il faut absolument
i. Chéclit'u (If Hohctlion o/j. cit., p. 120.
qu'il vienne passer quelque temp chez moi à Paris, qu'il faut que nous nous retrouvions encore au moins quelques moments ensemble. Eh ! bon Dieu, quand serons-nous maîtres de ne nous pas quitter un seul instant? Vous, éternelle grondeuse, quand revenez-vous à Paris ? Quand quittez- vous votre château ? Je parie que vous me ferez encore la mine ! Mais je vous déclare que si vous me recevez avec une mine renfrognée, vous ne me verrez qu'une fois, car je suis enfin lassé de vos perpétuelles injustices. Allons, la paix. Arrivez, réparez vos torts, confessez vos péchés ; je vous reçois en miséricorde. Mais que le pardon soit sincère. Un million de bonjours, de joies, de souvenirs. Amitié à nos amis, même à mon ennemie Madame de Cauvigny. Embrassez Ghênedollé trois fois pour moi, mais pourtant en mon intention. N'oubliez pas mon proscrit. * A vous, à vous et pour la vie. Villeneuve-sur-Yonne, 9 novembre 1804.
A Madame de Custine, au château de Fervaques^ par Lisieux^ Calvados.-
iS5 13 novembre 1804,
A Chênedollé.
Villeneuve-sur- Yonne, 13 novembre 1804.
M'"*' de Gaud n'est plus. Elle est morte à Paris le 9. Nous avons perdu la plus belle âme, le génie le plus élevé qui ait jamais existé. Vous voyez que je suis né pour toutes les douleurs. En combien peu de temps Lucile a été rejoindre Pauline ! Venez, mon cher ami, pleurer avec moi cet hiver, au mois de janvier. Vous