‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 124 sur 420 · Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès

A M. l'aRCHEYÉQUE DE PARIS (1697). 145

fort embarrassés les uns avec les autres. M. Tarcbevêque de Cambrai me parla un moaient en particulier. Il sait le mauvais effet de son livre * et le défend par des raisons qui me persuadent de plus en plus que Dieu veut humilier ce grand esprit, qui a peut-être trop compté sur ses propres lumières. Il me dit que le père de La Chaise lui avait rendu compte d'une conversation qu'il avoit eue avec le roi, après laquelle il ne pouvoit se dispenser de lui parler. Je tombai d'accord de tout. Mais par les dispositions que je vois dans le roi, M. de Cambrai aura peu de satisfaction de cet éclaircissement. J'ai parlé aussi un moment à M. le duc de Beauvilliers qaime montra sa peine du silence du roi.

J'ai fait ce que j'ai pu pour gagner qu'on veuille

1. a Si on fut choqué, dit Saint-Simon, de ne le trouver appuyé d'aucune approbation, on le fut bien davantage du style confus et embarrassé, d'une précision si gênée et si décidée, de la barbarie des termes qui faisoit comme une langue étrangère, enfin de l'élévation et de la recherche des pensées qui faisoient perdre haleine comme dans l'air trop subtil de la moyenne région. Presque personne qui n'étoit pas théologien ne put l'entendre, et de ceux-là encore après trois ou quatre lectures. Il eut donc le dégoût de ne recevoir de louanges de personne et de remercîments de fort peu et de purs compliments ; et les connoisseurs crurent y trouver sous ce langage barbare un pur quiélisme, délié, affiné, épuré de toute ordure, séparé du grossier, mais qui sautoit aux yeux, et avec cela des subtilités fort nouvelles et fort difficiles à se laisser entendre et bien plus à pratiquer. Je rapporte non pas mon jugement, mais ce qui s'en dit partout, et on ne parloit d'autre chose jusques cliez les Dames; à propos de quoi on renouvela ce mol échappé à madame de Sévigné lors de la chaleur des disputes sur la grâce : Épaississez -moi un peu la religion qui s'évapore toute à force d'être subtilisée. » (T. III, p. 14.)

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