‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 130 sur 420 · Autographe du cabinet de M. de Cambacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. de Cambacérès

io2 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.

Je me suis si fort trompée dans ropinion que j'avois que M. de Cambrai n'écriroit rien de répréhensible, que je n'ose plus dire que je ne crois pas qu'il le fasse une seconde fois. Cependant je craindrois qu'il ne travaillât à sa traduction ^ afin de ravoir toute prête en cas de besoin.

Le roi me paroît embarrassé pour en empêcher une troisième édition. Il doit parler à M. de Beauvilliers. Comptez, monseigneur, que cette affaire ne s'adoucit pas, soit à Rome, soit en France, soit dans le cœur du roi, et que, partant, on pense au danger des princes par une telle éducation. Quant à moi, je suis affligée et embarrassée : je le suis pour l'Église, je le suis pour vous, je le suis pour moi. Je crains la suite de cette affaire entre deux grands prélats, s'ils vont aux extrémités. Je crains le parti que le roi prendra, et dont il répondra à Dieu. Je crains la môme chose pour vous; M. de Cambrai vous presse et il a raison; mais la matière est difficile et tout le monde en a jugé. Je ne sais si l'autorité de tous les évêques ensemble pourroit justifier ce livre. Quant à ce qui me regarde, je veux, monseigneur, le consulter, s'il vous plaît entre vous et M. de Chartres, que je vous prie de faire venir le plus tôt possible.

Je verrai le plus tôt qu'il se pourra M. de Beauvilliers, pour lui dire qu'il n'est pas question de montrer son intérieur particulier, mais qu'il faut répondre au public sur l'opinion qu'il a qu'il protège le quiétisme, ce qu'on croira toujours, tant qu'il

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